La Vache En Liberté

06 septembre 2021

Nouvelle édition (2021) de référentiel de logiciels libres (SILL)


Source : SILL 2021

Dans le cadre d’un usage plus général l’État recommande les logiciels libres suivants :

  • authentification : KeePass comme gestionnaire de mots de passe et VeraCrypt (en observation) pour le chiffrement de disques ;
  • suites bureautiques : LibreOffice ;
  • éditeur de texte : Notepad++ ;
  • lecteur multimédia : VLC ;
  • courrielleur : Thunderbird ;
  • client de messagerie : Roundcube ;
  • client de messagerie instantanée : Jitsi ;
  • client FTP : Filezilla ;
  • navigateur : Firefox ESR ;
  • logiciel de compression : 7zip ;
  • systèmes d'exploitation serveur : les distributions GNU/Linux CentOS, Ubuntu (écoles) et Debian ;
  • etc.

 

Posté par Luc Fricot à 00:08 - - Permalien [#]
Tags : , ,

10 juillet 2021

Seoir

SEOIR (ou soir)/ est un verbe. défectif, donc qui n'a que quelque conjugaisons.:

  • séant, seyaient, seyait, seyant, sied, siée, siéent, siéra, siéraient, siérait, siéront

 

Convenir.

3 courts extraits du WikWik.org

  • seoir  v. (Soutenu) Aller bien, pour un vêtement ; être convenable.
  • seoir  v. Être assis, bien établi.
  • seoir  v. Être installé ou établi.

Posté par Luc Fricot à 17:15 - Permalien [#]

07 juin 2021

Delphi 7, Winhlp32 sous Windows 10

Solutions ?

Enabling Winhlp in Windows 10

 

To enable Winhlp to work in Windows 10, follow these simple instructions.

 

  1. Download the updated Winhlp32 installation files, which are compressed into a zip file (winhlp32-windows-7-10-x86-64.zip) from the following link:  https://drive.google.com/open?id=0B_tSrOg4FLp1T0dyTEppaW9SYm8 
  2. Extract the contents of of the file you just downloaded (winhlp32-windows-7-10-x86-64.zip)
  3. Run the Install.cmd as Administrator by right-clicking on Install.cmd, then select Run as Administrator.
  4. Acknowledge any privilege warnings and allow Install.cmd to proceed.

 

That is all there is to it.  You now you have Winhlp working in windows 10!

Everything worked fine except the "Search" function. Is there a way to activate that?

 

FAQ Delphi, le club des développeurs et IT Pro

Les nouveaux Windows ne gèrent plus, par défaut, le format hlp, considéré par la société comme obsolète.

Citation Envoyé par Microsoft Corporation
Cependant, le programme d'aide de Windows n'a pas été mis à jour depuis un certain temps et ne répond plus aux normes de Microsoft. À compter de la publication de Windows Vista et de Windows 7, ce programme d'aide de Windows ne fera dès lors plus partie des fonctions de Windows.

S'il est encore possible d'installer le programme permettant de lire ce format (compatibilité descendante oblige) ce dernier n'est pas encore proposé (à la rédaction de cette FAQ) pour Windows 10.
Ainsi qu'il l'est expliqué Le programme d'aide de Windows (WinHlp32.exe) ne fait plus partie de Windows
Déjà, toutefois, l'installation (d'expérience) ne fonctionne pas toujours  !
(?? Pour utiliser le système d’aide, vous devez installer WinHlp32.exe. Microsoft ne vous fournit pas de package d’installation, mais vous pouvez le télécharger ici)

/
Voici une méthode qui s'est avérée efficace sur sur Windows 10 64 bits  :
Téléchargez le package proposé à cette adresse

Modifiez le fichier Install.bat en rajoutant les deux lignes suivantes (mise en rouge) :

Code batch : Sélectionner tout
1
2
3
4
5
6
7
8
9
@echo off
:: ---------------------------------------------------------------------------
:: Settings
set MuiFileName=winhlp32.exe.mui
set ExeFileName=winhlp32.exe
set WindowsVersion=7
goto :BypassVersionError


Exécutez ensuite le fichier en tant qu'administrateur.

Une fois ces trois étapes faites, vous pourrez profiter pleinement des fichiers d'aide de vos anciennes versions de Delphi.

Charly190 propose une mise à jour des fichiers utilisables pour Windows 10 (testé sous Windows 64) : ici

Il suffit d'exécuter le cmd en mode administrateur.

Pour installer Delphi 7 sur les OS récents (Windows 8 et 10) :

- lancer l'installation en mode administrateur (clic droit sur le programme d'installation puis "exécuter en tant qu'administrateur"
- installer D7 dans un répertoire non protégé par Windows. Par exemple C:\Borland\Delphi7. Ne pas utiliser Program Files ni Program Files x86.

Avant de lancer Delphi 7, faire le clic droit sur son raccourci et ensuite clic sur propriété puis onglet compatibilité :

- Cocher "Exécuter ce programme en mode de comptabilité sur" : Windows XP (Service pack 3)
- Cocher "Exécuter ce programme en tant qu'administrateur

Delphi7 peut alors être lancé sans problème, même si un message d'avertissement apparaît.

La première fois et à chaque mise à jour de Windows : installer ou réinstaller l'aide au format Hlp (Voir la FAQ : "Comment utiliser les fichiers d'aide au format hlp sous les nouveaux OS Windows (7 et plus) ?". La touche F1 sera alors active.

Pour le développement d'applications :

Si l'installation de l'application se fait dans Program Files (x86) ne pas mettre de fichier ini (ni aucun fichier de données) dans ce répertoire (il faut utiliser les répertoires spéciaux de Windows).

Posté par Luc Fricot à 12:36 - Permalien [#]

01 juin 2021

Pour les diabétiques de type 1, le cauchemar d’une vie sans pompe

Sophie GUIRAUD

L’arrêt de la fabrication du dispositif bouleverse le quotidien des malades au diabète instable, que les pompes régulent depuis 30 ans. Le collectif de patients, né dans l’Aude, témoigne de leur détresse.

Sur le site du Collectif des diabétiques implantés, les témoignages affluent depuis quelques jours. Le 1er mai, Frédéric, diabétique de type 1 qui vit avec une pompe à insuline implantée depuis dix ans, a "du mal à envisager un retour en arrière". "Que ferions-nous sans ce traitement ?", s’interroge encore Véronique. Sylvie, implantée en 2019, se sent "condamnée à des complications catastrophiques".

"J’ai des retours de malades qui me disent que le jour où leur pompe s’arrêtera, ils arrêteront de se soigner", témoigne Sabine Guérin. Il y a deux ans, alors que la menace d’un arrêt de fabrication des pompes se précise, l’Audoise crée le collectif pour tenter de changer le cours des choses.

J’ai des retours de malades qui me disent que le jour où leur pompe s’arrêtera, ils arrêteront de se soigner

Depuis, l’unique fabricant, le géant irlando-américain Medtronic, a stoppé la production. Le stock s’amenuise, et la quinzaine de dispositifs encore disponibles est déjà réservée. Les deux jeunes sociétés susceptibles de relancer la fabrication sont loin du compte, a confirmé la dernière réunion organisée le 30 avril au ministère de la Santé.

Pour 250 Français au diabète de type 1 instable équipés depuis parfois trente ans du dispositif, il va falloir apprendre à vivre autrement.

Il y a deux choses : la survie de ces patients, et on va trouver des solutions, et leur quotidien. Il est clair que les systèmes alternatifs qui existent aujourd’hui ne leur offriront pas la même qualité de vie. Il faudra faire avec

"Il y a deux choses : la survie de ces patients, et on va trouver des solutions, et leur quotidien. Il est clair que les systèmes alternatifs qui existent aujourd’hui ne leur offriront pas la même qualité de vie. Il faudra faire avec", admet le professeur Éric Renard, endocrinologue au CHU de Montpellier, qui a mené le combat pour Evadiac, l’association qui réunit les médecins spécialistes de pompes implantées.

Au pied du mur

En distribuant directement de l’insuline à l’intérieur du corps, ces pompes ont changé la vie de malades au diabète instable qui enchaînaient hypo et hyperglycémies, ainsi que ceux qui sont résistants aux injections d’insuline par voie externe, sous-cutanée.

"On est au pied du mur", dit laconiquement Sabine Guérin, sortie dépitée de la dernière réunion avec les autorités de santé : "On a eu la confirmation qu’il n’y aurait pas de nouvelle pompe avant 2024", au mieux, explique-t-elle.

"Les premiers essais n’auront pas lieu avant début 2024", confirme Éric Renard. Dans une interview au Quotidien du médecin, le 23 avril dernier. Le diabétologue indique aussi qu’une centaine de patients (sur 250 implantés) devraient avoir des problèmes de pompe en 2023. Avec quelle alternative immédiate ? La greffe d’îlots de Langherans, les cellules du pancréas qui sécrètent l’insuline. "On prend des traitements immunosupresseurs à vie, c’est lourd et ce n’est pas sans risque", insiste Sabine Guérin.

Avenir incertain

Autre option : un système existant permettant une perfusion continue d’insuline dans la cavité péritonéale. "On régule le risque, mais on a déjà vécu avec un cathéter intrapéritonéal qui sort du ventre, c’est invivable et il y a un risque infectieux", rappelle Sabine Guérin. Le professeur Renard confirme : "Il y a des risques infectieux."

Il n’y aura pourtant pas d’autre choix que de s’adapter pour des malades doublement meurtris. "Les autorités de santé "comprennent" mais ne font rien", regrette Sabine Guérin.

Les diabétiques se sentent aussi "abandonnés" par un industriel puissant à l’insolente santé financière qui a choisi de ne plus parier sur une solution à l’audience confidentielle, un marché de niche pour quelques centaines de malades.

Le 29 avril, Danièle, une Lilloise membre du collectif, ne voulait toujours pas se projeter : "La fin des pompes implantées serait désastreuse, des complications irréversibles en suivraient. " L’avenir est incertain.

Un géant solide, des petits fragiles

Medtronic, leader mondial des technologies, solutions et services médicaux, a annoncé en juin 2017 qu’il cesserait en 2019 la fabrication de la pompe Minimed, posée en 1990 chez un premier patient au CHU de Montpellier. La société, présente dans 150 pays, avec 90 000 employés et 2,3 milliards d’investissements annuels en recherche et le développement, justifie sa décision par "des problèmes de qualité", des "difficultés d’approvisionnement". L’échéance est repoussée d’un an, en juin 2020. Mais les repreneurs potentiels, auxquels Medtronic cède l’accès au mécanisme de la pompe, sont fragiles : on ne parle plus aujourd’hui du Hollandais Ipadic et on évoque à peine une autre société des Pays-Bas candidate, Baat Medical, en grande difficulté. Reste l’Américain PhysioLogic Devices.

Posté par Luc Fricot à 19:04 - Permalien [#]

13 avril 2021

Education : en finir avec la théorie des intelligences multiples

Certains sont doués pour les maths, d’autres pour la plomberie ou le dessin, c’est comme ça. Derrière cet apparent bon sens se cache la «théorie des intelligences multiples», développée dans les années 80 par Howard Gardner. Mais malgré son succès mondial, elle n’a pas de fondement scientifique.

publié le 12 avril 2021 à 20h07

«Ce que vous faites s’apparente à de l’acharnement thérapeutique», m’a expliqué un homme d’une soixantaine d’années assis au premier rang. Il a fait le chemin depuis le village voisin jusqu’à cette librairie avignonnaise pour assister à la présentation de mon premier livre, les Incasables, dans lequel j’évoque mon expérience d’enseignant auprès de jeunes élèves en grande difficulté scolaire. Ses grimaces et ses gesticulations persistantes contrastaient avec la bienveillance affichée du reste de mon auditoire, et après une dizaine de minutes, c’en était trop pour ce contrôleur de gestion fraîchement converti en sophrologue : «Ces jeunes-là dont vous parlez, ils ont vraiment besoin d’apprendre à conjuguer et à poser des divisions ? Peut-être qu’ils sont bons ailleurs, dans la plomberie, le hip-hop ou le dessin… Ne seraient-ils pas mieux dehors ?» Selon mon interlocuteur, l’école se trompe lourdement en tentant de faire acquérir les mêmes savoirs à tout le monde. Certains ne sont tout simplement pas faits pour l’étude des éléments constitutifs de la langue dans laquelle ils s’expriment. C’est comme ça, c’est la science qui le dit. «Chacun son intelligence», conclut-il.

Des bases scientifiques absentes

J’aurais pu parier dix années de prime informatique que le spectre d’Howard Gardner allait s’inviter parmi nous. C’est lui qui, en 1983, a développé la théorie selon laquelle chaque être humain est doté d’un ensemble d’intelligences indépendantes les unes des autres. Dans Frames of Mind (1), il en détaille sept : linguistique, musicale, corporelle, visuelle, logique, interpersonnelle et intrapersonnelle. Il y ajoute, en 1993, l’intelligence naturaliste qui consiste à reconnaître et à classer les espèces naturelles. L’être humain les posséderait toutes, mais il y aurait, en chacun de nous, une ou plusieurs intelligences prédominantes qu’il conviendrait de stimuler pour favoriser les apprentissages.

Tout au long de Frames of Mind, Howard Gardner prend de manière claire et affirmée ses distances avec la dimension scientifique, ne cherchant pas de validation ou de vérification pour ses hypothèses. Cela mène l’enseignant belge Didier Goudeseune à ranger la théorie des intelligences multiples plutôt du côté du développement personnel. De ce fait, explique-t-il, «elle souffre des maux habituels et propres à ces théories : manque de bases, absence régulière de validation scientifique, caractère pseudoscientifique, absence de prise en compte de l’expertise des enseignants et de leur professionnalisme, ou absence de régulation».

Un «s», et Howard devint une icône

La théorie des intelligences multiples n’a jamais été clairement réfutée et pour cause, le flou qui l’entoure la rend irréfutable. Paradoxalement, c’est là sa principale faiblesse car, comme l’explique l’épistémologue autrichien Karl Popper (2), «une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique». Et on peut difficilement reprocher à Howard Gardner d’avoir menti à ce sujet : dès la vingtième page de Frames of Mind, il concédait que «la notion d’intelligences multiples n’est pas une donnée scientifique prouvée».

Mais validée ou pas, la théorie a rencontré un succès monstrueux, inspirant des dizaines de livres, des articles de revues et autres conférences TED. Il existe même une «Howard-Gardner Escuela» à Quito, la capitale de l’Equateur, et à 77 ans, le professeur à l’université Harvard continue de donner des conférences partout dans le monde pour expliquer comment il a eu l’idée de mettre un «s» à intelligence.

Aux élèves en difficulté sur qui on collait une étiquette d’invariables cancres, la théorie des intelligences multiples a distribué des permis de rêver.

—  

Pour comprendre l’origine d’un tel succès, il faut s’intéresser au contexte. Le livre de Gardner a débarqué dans les librairies au moment où les éducateurs américains étaient critiqués pour n’avoir pas enseigné correctement la lecture, l’écriture et les mathématiques. Les scores aux évaluations nationales chutaient et les théoriciens de l’éducation traditionnelle demandaient des jours d’école plus longs, plus de devoirs et plus de tests. Face à Gardner se trouvait une flopée de psychanalystes boursouflés de certitudes ennuyeuses parmi lesquels Richard Herrnstein. On s’amuse bien avec lui, il estime que le quotient Intellectuel régit chaque aspect de l’existence des individus, et qu’il est en grande partie hérité en plus d’être immuable.

L’enseignant Bruno Hourst, le premier en France à avoir présenté la théorie des intelligences multiples et ses applications, s’en défend vingt ans plus tard dans son blog en arguant qu’on juge un arbre à ses fruits. Et il a raison. La théorie des intelligences multiples de Howard Gardner a percé la grisaille ambiante avec l’effet d’un pet au milieu d’une réunion de travail trop sérieuse sur Zoom. Aux élèves en difficulté sur qui on collait une étiquette d’invariables cancres, elle a distribué des permis de rêver. Et elle a redonné une dignité aux incasables, aux paresseux, aux vaincus qui s’emmerdent à l’école et même aux maîtres zen et aux gourous de tout acabit qui cassent des briques à mains nues ou marchent sur des braises, ne devant leurs prouesses, selon Gardner, qu’à une intelligence kinesthésique prédominante. Le réconfort face à l’humiliation, même au prix des libertés prises avec la démarche scientifique, est toujours bon à prendre.

La «start-up nation» en robe de hippie

Au fond, la théorie des intelligences multiples a rencontré le succès pour la même raison que l’Alchimiste de Paulo Coelho s’est écoulé à 150 millions d’exemplaires : les deux laissent croire à une «légende personnelle» innée qu’il s’agirait de découvrir, puis de chérir et cultiver. Howard Gardner raconte à qui veut bien le croire l’idée lénifiante selon laquelle l’échec n’est dû ni à un manque de travail ni au fait que l’école est un immense centre de tri régi par les lois de la naissance et du sang. C’est juste une question de connaissance de soi. La «start-up nation» en robe de hippie.

Effectivement, si l’on suit ces préceptes vagues et réconfortants, ce que je fais avec mes élèves relève bien de l’acharnement. Mais l’idée selon laquelle certains seraient «faits» pour comprendre la grammaire et d’autres non a beau être réconfortante, elle est néfaste. Elle enferme, et pour se détourner de l’obstination, elle incite au renoncement et à la lâcheté. Ses implications politiques sont évidentes : il devient parfaitement inutile de s’efforcer de réduire les inégalités scolaires. Du côté de l’éducateur, elle pousse, comme l’explique si bien Philippe Meirieu, à «rechercher ce que l’enfant serait “en amont de toute activité éducative” pour pouvoir, en quelque sorte, se mettre au service de sa réalisation. […] Or, cette naturalisation, en plus d’être arbitraire, est dangereuse : elle enferme le sujet dans un mode de fonctionnement quand il faudrait, au contraire, lui permettre de s’appuyer sur celui-ci pour en explorer et découvrir d’autres».

Alors ces jeunes-là dont je parle, est-ce qu’ils ont vraiment besoin d’apprendre à conjuguer et à poser des divisions ? Oui.

(1) Frames of Mind : The Theory of Multiple Intelligences, Basic Books, 1983.

(2) Conjectures et réfutations : la croissance du savoir scientifique, Payot, 1994.

Posté par Luc Fricot à 16:30 - Permalien [#]

11 avril 2021

Désinformation médicale : l’autre pandémie

par Anaïs Moran

Noémie Zucman, réanimatrice à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes (Hauts-de-Seine), aurait bien du mal à les hiérarchiser. Dans cette crise sanitaire, les fake news médicales n’ont fait que pulluler. Par où commencer ? «Je pense que l’affaire de l’hydroxychloroquine est le point de départ de tout. Cela a aussitôt créé une scission dans la médicale, entre ceux qui voulaient tempérer et ceux qui ont plongé la tête dedans, retrace-t-elle. Toutes les autres désinformations ont reposé sur ce principe. Je ne sais pas laquelle est la plus nuisible. Mais ce dont je suis sûre, c’est que je me demande tous les jours comment on a pu en arriver là.»

Remèdes miraculeux, dangerosité des masques, bénignité de la maladie, relativité des saturations hospitalières, négation des flambées épidémiques… En un an, le Covid-19 a fait apparaître une multitude de discours et de théories infondées qui ont «totalement stupéfait» la médecin de 32 ans. «Les désaccords et les fausses informations ont toujours existé dans notre milieu. Malheureusement, 2020 nous a fait basculer dans une toute nouvelle dimension», dit-elle. Ou comment les dérives médicales, incarnées sur la scène médiatique par une minorité de confrères, ont ébranlé, l’espace d’une année, toute une profession. Entre malaise et exaspération.

De toutes les épreuves endurées depuis l’apparition du Sars-CoV-2, le professeur Romain Sonneville, médecin réanimateur à l’hôpital Bichat, à Paris, reconnaît que les «monologues d’inepties médicales» ont probablement été «les plus déstabilisants» et difficiles à vivre. «Dans cette crise, on a quand même vu beaucoup de confrères qui se sont révélés être de grandes épidémiologistes, de grands virologues, de grands médecins de catastrophe, alors qu’on ne les avait jamais vus dans ces rôles-là, grince-t-il. Jamais je n’aurais pu penser que des gens de science puissent avoir le culot de s’exprimer sur des sujets dont ils ne sont pas experts. Ces déclarations chocs, pour faire le buzz, sont des autoroutes de malhonnêteté qui ont tout brouillé.»

«Atterré, navré et honteux»

Des notions de spécialité, d’humilité, de prudence, de rationalité, totalement malmenées en direct sur les plateaux télé, sur les réseaux sociaux, dans des vidéos ou à travers des sites alternatifs de «ré-information» : l’an 1 du Covid a tout secoué. «Il y a eu une perte de sang-froid inédite de certains collègues, concède Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins. La France est confrontée à un péril individuel et collectif extraordinaire. Dans ce cadre, toute la communauté médicale devrait redoubler d’efforts pour garder la tête sur les épaules et ne dire que des choses fiables et stabilisées. Au lieu de ça, des gens sont sortis du champ scientifique pour dérouler leurs convictions personnelles… Des médecins se sont métamorphosés en débatteurs. Je le déplore.» Pierre-Louis Druais, médecin généraliste dans les Yvelines et membre du Conseil scientifique, 72 ans dont 43 d’expérience professionnelle, cingle : «Je suis atterré, navré et honteux de voir ma médecine dans cet état. Je trouve que c’est une injure à la science.»

Onze médecins font actuellement l’objet de plaintes du Conseil national de l’ordre (Cnom) pour manquements au code de déontologie – certains étant poursuivis pour «charlatanisme» (article 39), «déconsidération de la profession» (article 31) et prescription au détriment des «données acquises de la science» (article 8). Les plus connus s’appellent Didier Raoult, Christian Perronne, Patrick Bellier. Mis en cause mais pas encore jugés, ils devraient voir les chambres disciplinaires de leur région d’exercice statuer sur leur cas dans les prochains mois. L’avocat du médiatique microbiologiste marseillais a balayé une «procédure [qui] n’apporte absolument rien».

Les intéressés risquent un simple avertissement jusqu’à la radiation, en passant par l’interdiction d’exercer durant trois années. S’y ajoutent «une quinzaine de dossiers à l’étude au niveau de la section santé publique du Cnom, en plus du dossier Hold-up (film documentaire à succès aux multiples contre-vérités, ndlr) dans lequel intervenaient un certain nombre de médecins» et qui pourrait également aboutir à de potentielles sanctions,fait connaître le Conseil national à Libération. A l’échelle locale, les premières audiences ont déjà commencé, la chambre disciplinaire de grande instance du Grand Est ayant radié, le 15 janvier dernier, la généraliste anti-masque Eve Engerer, connue pour avoir délivré des certificats permettant de s’exonérer de cette protection.

«On leur a aussi tendu le micro»

Peu nombreuses mais très bruyantes, plusieurs figures contestées par la communauté ont su profiter d’une importante tribune médiatique durant cette première année de crise. Au grand regret du professeur rennais Pierre Tattevin, président de la Société de pathologie infectieuse de langue française. «La Spilf compte plus de 700 membres, pour la plupart très impliqués dans la crise. Les débats ont laissé peu d’espace à ces collègues de terrain. Certains médias ont choisi de mettre au premier plan les figures de proue des quelques rares professionnels totalement hors sol, et ça a fait beaucoup de dégâts», déplore-t-il.

«Ils ont eu de l’influence car on leur a aussi tendu le micro, soupire Elise Jammet, médecin urgentiste à l’hôpital Edouard-Herriot, à Lyon (Rhône). Certains racontent des âneries sous le feu des projecteurs et décrédibilisent toute une prise en charge. Pendant que sur le terrain, les autres triment.» Julie Oudet, consœur de la même spécialité au Samu de Toulouse, renchérit : «Ils incarnent une figure messianique qui ne sert qu’eux et pourtant, cela pollue toute la profession. Finalement, on est dans le même bateau. Alors, quand un médecin donne un grand coup de barre dans un sens complètement délirant, derrière il y en a 200 qui rament à contre-courant.»

Car la désinformation médicale n’a pas seulement remué le socle éthique de la communauté. Elle s’est aussi invitée dans les cabinets et les services hospitaliers. Jesabelle (1), généraliste installée dans le XIe arrondissement de Paris, confie par exemple que le sujet de l’hydroxychloroquine a pourri ses jours et ses nuits lors de la première vague. «Des patients me demandaient pourquoi je ne voulais pas en prescrire, c’était très tendu avec certains d’entre eux. Un jour, un homme m’a même traitée de criminelle. Vous imaginez, pour une soignante, d’entendre ça pour la première fois de sa vie ?»

Jusqu’au 27 mai 2020 et le coup d’arrêt officiel à la molécule, prononcé par décret gouvernemental, la médecin n’a fait que ruminer, et beaucoup culpabiliser. «J’essayais de garder en tête que la raison était de mon côté. C’était rude, parce qu’il y avait la pression de tous ces médecins qui clamaient qu’on ne voulait rien faire pour nos patients, qu’on préférait les laisser se dégrader et donc les laisser mourir. Cela a créé de la confusion et du doute, insupportables dans ma tête», développe-t-elle. Jesabelle, 50 ans, parle de cet épisode comme du «plus douloureux» de sa carrière.

«Les gens sont perdus, à juste titre»

A Toulouse (Haute-Garonne), Julie Oudet prend aujourd’hui encore en «pleine figure» les effets concrets de ces fake news. «Quand vous emmenez directement un grand-père en réanimation, et que la famille brisée vous dit : “Ah bon, carrément une intubation ? Mais le Dr X à la télé disait que le virus n’était plus dangereux.” Ça fait très mal, raconte l’urgentiste. La parole médiatique des médecins n’est pas anodine. Derrière, ce sont de vrais gens qui sont malades pour de vrai, hospitalisés pour de vrai et morts pour de vrai.» Elise Jammet, la Lyonnaise : «Oui, ça nous arrive de voir des familles complètement déboussolées par la gravité de la situation de l’un de leurs proches. Qui nous disent des choses comme : “On ne comprend pas, la cousine du médecin de quartier nous avait pourtant dit que le masque ne servait à rien.” Je suis écœurée devant l’irresponsabilité de ces collègues.» L’urgentiste précise que ces cas ne sont pas devenus la norme. Néanmoins, jamais auparavant elle n’avait assisté à une telle défiance, voire agressivité envers les blouses blanches. «Je n’en voudrai jamais à ces patients, assure-t-elle. Les gens sont perdus, à juste titre.»

Les médecins interrogés sont sur ce point unanimes : dans le circuit de diffusion d’informations mensongères, les responsabilités sont multiples, mais aucune n’est citoyenne. «Dans une société en souffrance, vulnérable, c’est tout à fait normal que les gens aient besoin d’avoir très vite des réponses, des vérités gravées dans le marbre, pour tenter de combler le vide de l’irrationalité. C’était justement à la communauté médicale de ne pas tomber dans ce piège et de tenir bon, ensemble», analyse le président du conseil de l’Ordre, Patrick Bouet. «Les médecins gourous ont surfé sur la peur des gens, en se précipitant pour asséner des discours qui redonnent espoir, qui relativisent. C’est bien la population qui a été trahie par certains professionnels», tacle Pierre-Louis Druais, le généraliste du Conseil scientifique.

Dans son cabinet au Port-Marly (Yvelines), ce médecin de famille a passé «des heures entières» à rétablir le lien de confiance avec des patients passés en «mode défensif». Un travail harassant, mais bienfaisant. Même constat du côté de la réanimation de Bichat : «Dans notre service, corriger les désinformations sur le triage et les médicaments nous prend un temps de dingue auprès des patients. Fort heureusement, les gens ne restent pas bloqués, décrit le médecin Romain Sonneville. En revanche, cet effort supplémentaire est extrêmement délétère pour des équipes déjà à bout…»

Des réponses suffisantes ?

L’émergence médiatique d’électrons en roue libre aurait-elle pu être évitée ? Avec un an de recul, le professeur Sonneville s’interroge, forcément. «On ne fait peut-être pas assez de bruit collectivement pour les contrer», avance-t-il. Sa consœur Noémie Zucman, membre de la commission jeune de Société de réanimation de langue française (SRLF), trouve «sain» de se poser la question. «A chaque débordement, on en parle entre nous, mais la prise de position est hyper difficile à ajuster, explique-t-elle. Dénoncer une fausse information, c’est quelque part donner de l’intérêt aux propos de cette personne. A la SRLF, notre position est plutôt de relayer des études et recommandations validées par les sociétés savantes, et non à l’inverse, de condamner certains propos. Je peux entendre que certains ne trouvent pas cela suffisant.»

Dans la boîte mail de la Spilf aussi, les mails abondent de messages du type «vous devriez réagir, vous devriez répondre, vous devriez communiquer», raconte Pierre Tattevin, son président. Pour répondre à la spirale d’intox du début de crise, le bureau s’est organisé à l’été pour monter une cellule communication dédiée. Mais «chaque nouvelle intox reste encore source de longues réflexions», complète l’infectiologue: «On ne peut pas réagir à chaque connerie qui circule. Cela décrédibiliserait nos interventions. On essaie de monter au créneau quand on voit un risque que la chose soit dite et répétée.»

Terreau populiste

Julie Oudet estime que les instances qui représentent son métier font au mieux. Selon elle, s’insurger contre chaque «théorie fumeuse» servirait dangereusement la cause des émetteurs. «Ces médecins jouent totalement la carte du subversif, du style : “Vous voyez bien, ils veulent me faire taire, c’est la preuve que j’ai raison.”» Ce qu’elle craint, au fond, c’est que sa science se transforme en terreau populiste. Elle n’est pas la seule. «Le gros danger se cristallise vraiment sur cette idéologisation, cette politisation autour des questions de santé. On se sent tous concernés par cette problématique», exprime Noémie Zucman.

La réanimatrice veut croire que la force collective du corps médical sortira gagnante de cette crise. Les parallèles inquiétants ne sont néanmoins jamais loin : «Vous avez vu la saison 3 de Baron noir ? Moi, je l’ai regardée il n’y a pas longtemps, et je peux vous dire que ça m’a fait froid dans le dos. Un prof de bio, devenu star des réseaux grâce aux fausses infos, qui joue les trouble-fête pour la présidentielle… Sur le coup je me suis dit : “Oh mon dieu, est-ce qu’on va finir dans ce scénario, nous aussi ?”»

(1) Le prénom a été modifié.

Posté par Luc Fricot à 11:44 - Permalien [#]

19 mars 2021

Les scientifiques découvrent les mystères du plus ancien « ordinateur » du monde,

Le mécanisme d'Anticythère, une ancienne calculatrice astronomique grecque

Les scientifiques se sont longtemps efforcés de résoudre l'énigme du système d'engrenage situé à l'avant du mécanisme dit d'Anticythère, un dispositif vieux de 2000 ans, souvent considéré comme le plus ancien "ordinateur" du monde. Selon un article publié dans la revue Scientific Reports, une équipe interdisciplinaire de l'University College London (UCL) a mis au point un modèle informatique grâce à la modélisation 3D. Elles ont recréé l'intégralité du panneau avant et espèrent maintenant construire une réplique grandeur nature de l'Anticythère en utilisant des matériaux modernes.

Le mécanisme d'Anticythère, une ancienne calculatrice astronomique grecque, a défié les chercheurs depuis sa découverte en 1901. Aujourd'hui divisé en 82 fragments, il ne reste qu'un tiers de l'original, dont 30 roues dentées en bronze corrodées. En 2005, la tomographie assistée par ordinateur (TAO) à rayons X a permis de décoder la structure de l'arrière de la machine, mais l'avant est resté en grande partie non résolu. La tomographie par rayons X a également révélé des inscriptions décrivant les mouvements du Soleil, de la Lune et des cinq planètes connues dans l'antiquité, ainsi que la manière dont elles étaient utilisées.


« Le nôtre est le premier modèle qui se conforme à toutes les preuves physiques et correspond aux descriptions des inscriptions scientifiques gravées sur le mécanisme lui-même », a déclaré l'auteur principal Tony Freeth, ingénieur en mécanique à l'UCL. « Le Soleil, la Lune et les planètes sont représentés dans un impressionnant tour de force de l'éclat de la Grèce antique ». « Nous pensons que notre reconstruction correspond à toutes les preuves que les scientifiques ont glanées à partir des vestiges existants à ce jour », a déclaré le coauteur Adam Wojcik, spécialiste des matériaux à l'UCL.

La résolution de ce puzzle 3D complexe révèle une création de génie combinant les cycles de l'astronomie babylonienne, les mathématiques de l'Académie de Platon et les théories astronomiques de la Grèce antique. De nombreuses tentatives infructueuses avaient été faites pour réconcilier les preuves avec la représentation du Cosmos de la Grèce antique. Il a fallu des décennies rien que pour nettoyer le dispositif, et en 1951, un historien des sciences britannique nommé Derek J. de Solla Price a commencé à étudier le fonctionnement théorique du dispositif.

Sur la base de photographies aux rayons X et gamma des fragments, Price et le physicien Charalampos Karakalos ont publié en 1959 un article de 70 pages dans The Transactions of the American Philosophical Society. Sur la base de ces images, Price a émis l'hypothèse que le mécanisme avait été utilisé pour calculer le mouvement des étoiles et des planètes, ce qui en faisait le premier ordinateur analogique connu.

Seuls 82 fragments, soit environ un tiers du dispositif ont survécu, ce qui a obligé les scientifiques à reconstituer l'image complète à l'aide de données radiographiques et d'une méthode mathématique de la Grèce antique. Les 82 fragments "survivants" de l’appareil étaient à l'origine logés dans une boîte en bois de la taille d'une boîte à chaussures, avec des cadrans à l'extérieur, contenant un assemblage complexe de roues dentées à l'intérieur. La plus grande pièce est connue sous le nom de fragment A, qui comporte des roulements, des piliers et un bloc. Une autre pièce, le fragment D, comporte un disque, un engrenage à 63 dents et une plaque. Voici, ci-dessous, quelques détails sur ces deux fragments :

  • Fragment A : cadre essentiel pour la reconstruction, la roue motrice principale possède quatre rayons avec des trous proéminents, des zones aplaties et des piliers endommagés sur sa périphérie. Preuve évidente d'un système épicycloïdal complexe. Dans le Mécanisme original, il y avait quatre courts piliers et quatre longs piliers avec des épaulements et des trous pour les goupilles de retenue. Ces éléments impliquent que les piliers portaient des plaques : une plaque rectangulaire sur les piliers courts, la Sangle et une plaque circulaire sur les piliers longs, la Plaque Circulaire. C'est l'ossature essentielle de toute reconstitution fidèle, les quatre rayons représentant quatre fonctions différentes ;
  • Fragment D : composantes épicycloïdales pour Vénus, des études antérieures ont suggéré qu'il y avait deux engrenages dans le fragment D, mais il s'agit d'une illusion créée par la division de l'arbre. Le nombre de dents d'origine peut être déterminé de manière fiable comme étant 63 dents, étant donné que toutes les dents sauf trois ont survécu. Les composants de base du Fragment D sont un disque, un engrenage et une plaque, appelée ici plaque D, et un arbre reliant ces trois éléments. Le disque et l'engrenage sont rivetés l'un à l'autre et présentent en leur centre des trous carrés correspondant à des sections carrées à l'une des extrémités de l'arbre.

 


L'existence même de ce mécanisme prouve que cette technologie existait déjà entre 150 et 100 avant J.-C., mais que le savoir s'est perdu par la suite. Des machines similaires d'une complexité équivalente ne sont réapparues qu'au XVIIIe siècle. Bien qu'elle ait été trouvée sur un cargo romain, les historiens pensent qu'elle est d'origine grecque, peut-être de l'île de Rhodes, connue pour ses impressionnantes démonstrations d'ingénierie mécanique.

« Après une lutte considérable, nous sommes parvenus à faire correspondre les preuves des fragments A et D à un mécanisme pour Vénus, qui modélise exactement sa relation de période planétaire de 462 ans, l'engrenage à 63 dents jouant un rôle crucial », a déclaré le coauteur David Higgon. L'équipe a ainsi pu dériver les cycles des autres planètes et créer des mécanismes permettant de calculer les cycles astronomiques tout en minimisant le nombre d'engrenages afin que tout tienne dans l'espace restreint du dispositif.

En 2002, Michael Wright, alors conservateur de l'ingénierie mécanique au musée des sciences de Londres, a fait la une des journaux en présentant de nouvelles images radiographiques plus détaillées de l'appareil, prises par tomographie linéaire. Seuls les éléments situés dans un plan particulier sont mis en évidence, ce qui permet de les examiner de plus près et de déterminer l'emplacement exact de chaque engrenage.

L'analyse approfondie de Wright a révélé un engrenage central fixe dans la roue principale du mécanisme, autour duquel d'autres engrenages mobiles pouvaient tourner. Il en conclut que le dispositif a été spécifiquement conçu pour modéliser le mouvement "épicycloïdal", conformément à la notion grecque antique selon laquelle les corps célestes se déplacent selon des schémas circulaires appelés épicycles.


Le dispositif était suffisamment bien conçu pour reproduire assez fidèlement le mouvement du Soleil et de la Lune, ainsi que des planètes Mercure et Vénus. Mars, Jupiter et Saturne, qui étaient également connues dans l'Antiquité ne sont pas concernées. Wright a émis l'hypothèse qu'il y avait peut-être une couche supérieure au mécanisme, avec des engrenages supplémentaires pour modéliser les planètes manquantes. Il a également émis l'hypothèse que le cadran inférieur arrière aurait pu être utilisé pour prédire les éclipses.

L’ancien conservateur de l'ingénierie mécanique au musée des sciences a finalement construit une reproduction du mécanisme d'Anticythère, en empilant les engrenages comme les couches d'un sandwich. En tournant un bouton sur le côté, on pouvait faire avancer et reculer les différents corps célestes pour déterminer leur position à n'importe quelle date.

L’article s'appuie sur les travaux de Wright dans le cadre du projet de recherche en cours sur le mécanisme d'Anticythère, il a entrepris une imagerie radiographique 3D plus avancée avec l'aide de X-Tek Systems au Royaume-Uni et de Hewlett-Packard (HP), entre autres. Rappelons qu’en 2005, HP a construit un dispositif d'imagerie de surface en 3D, le PTM Dome, qui entoure l'objet à examiner. Un facteur essentiel étant la fragilité du mécanisme d'Antikythera, la contribution de X-Tek a été un tomographe informatisé de 12 tonnes. Celui-ci a été utilisé pour examiner les fragments originaux, ainsi que des pièces supplémentaires découvertes en octobre 2005.

Le mécanisme d'Anticythère reste cependant entouré de nombreux mystères, notamment celui de savoir si cette dernière version a réellement pu être construite à l'aide des techniques de fabrication antiques.

Source : Nature

Et vous ?

Posté par Luc Fricot à 19:38 - Permalien [#]

16 mars 2021

Robert Tombs : «Il n’y a jamais eu de système aussi démocratique que la Commune»

 

Paris, une histoire populairedossier

Xavier Vigna : «L'effacement de l’histoire ouvrière reproduit un mépris de classe»

A l’occasion de la diffusion sur Arte de la série documentaire «le Temps des ouvriers», l’historien Xavier Vigna revient sur le peu de place accordée dans les médias à l’histoire populaire.
Opinions21 avr. 2020

«Le Temps des ouvriers», usine à grèves

Opinions20 avr. 2020

Pendant un siècle, la raffinerie Lebaudy cassait du sucre à La Villette

Opinions12 oct. 2019
L’historien britannique, professeur émérite au St John’s College de l’université de Cambridge, est l’un des plus grands spécialistes de l’insurrection de 1871. Il explique à «Libération» les dessous d’une aventure politique sans équivalent, et n’hésite pas à briser des légendes solidement ancrées.

par Gabriel Pornet

publié le 15 mars 2021 à 18h00

Auteur notamment d’une thèse sur l’armée versaillaise (1) et d’un ouvrage très remarqué, traduit en français et mis à jour en 2014 sous le titre Paris, bivouac des révolutions (2), Robert Tombs est souvent considéré, avec Jacques Rougerie, comme l’un des deux meilleurs historiens de la Commune. Le chercheur a remis en cause un certain nombre de mythes associés à l’événement, provoquant parfois la polémique, comme lorsqu’il a revu à la baisse le bilan de la Semaine sanglante (3). Il revient pour Libération sur différents aspects de la révolte parisienne.

Peut-on, en quelques mots, décrire la nature de la Commune de 1871 ? C’est une révolution ?

C’est la grande question. Disons qu’il s’agit d’une insurrection spontanée, inattendue. Comme l’a dit Jacques Rougerie, on peut l’interpréter comme le «crépuscule» d’une tradition révolutionnaire parisienne, beaucoup plus que comme une «aube». Cette tradition remonte évidemment à 1789, mais revient notamment pendant les années 1830, ou lors des journées de juin 1848. Avec la fin de la Commune, c’est aussi la fin d’une pratique révolutionnaire organisée, en un sens, autour de la barricade. Il y a également la vision marxiste, décrivant l’événement comme le prototype d’un nouveau genre de révolution et d’Etat révolutionnaire. Marx, Engels et Lénine ont beaucoup contribué à élaborer cette idée et le Parti communiste a, pendant longtemps, fait sienne cette interprétation. Donc il y a ces deux visions et d’une certaine manière, on peut dire que les deux détiennent une part de vérité : si la Commune marque effectivement la fin d’un type d’insurrection «sans culotte», il faut aussi considérer qu’elle a pu inspirer de nouvelles générations. Cependant, jamais une nouvelle insurrection parisienne de ce type n’a été à nouveau tentée. Avec la mort de la Commune, c’est aussi la naissance d’un «socialisme légal». La tradition de la barricade est remplacée par la gauche parlementaire.

La Commune est, encore aujourd’hui, revendiquée par la gauche, même modérée.

Oui, elle est restée une source d’inspiration très forte. Par ailleurs, comme elle n’a pas duré, et je ne crois pas être cynique sur ce point, il n’y a jamais eu le moment de la désillusion. La plupart des révolutions, après tout, finissent par décevoir leurs partisans.

Il y a l’idée, dans une partie du monde politique, que Thiers a sauvé la République.

On ne sait pas ce que serait devenue la République : il est plausible de penser que si la Commune avait gagné, si l’armée versaillaise avait été battue aux portes de Paris, si l’Assemblée nationale s’était dispersée, alors on aurait peut-être eu une restauration monarchique. Donc on peut considérer qu’en ce sens-là, Thiers a «sauvé la République». C’est un gouvernement républicain qui a restauré l’ordre, et il a pu dire au reste de la population, en province : «Vous voyez, la République ne risque rien, je suis le sauveur, je vais faire partir les Allemands, et si la Commune avait gagné, ça aurait été le chaos.»

Mais la Troisième République n’était pas du tout la même que celle voulue par les communards…

Absolument. C’est intéressant de voir que la Troisième République, qui a longtemps été vilipendée par les communistes comme étant un régime bourgeois, est devenue pour beaucoup le grand moment de la République. Je pense que lorsqu’on dit «les valeurs de la République» aujourd’hui, il s’agit surtout des valeurs de la Troisième. C’est évidemment quelque chose de difficile à accepter. La Commune, elle, voulait un gouvernement beaucoup plus démocratique, par la base, dans lequel les citoyens eux-mêmes seraient chargés de l’administration. On peut supposer que ça n’aurait pas duré longtemps, mais c’était leur idéal. Il n’y a jamais eu de système aussi démocratique. La Commune était peut-être unique, elle a repoussé les limites de ce qui était possible.

Au sein de la Commune, il y avait des divisions.

Oui, les communards avaient toutes sortes d’idées et pourtant, ils ont réussi à gouverner la ville. On parle souvent du «chaos» de la Commune, mais ils ont résisté et la vie a pu continuer assez normalement. Il y avait des socialistes, souvent membres de l’Internationale, plutôt proudhoniens, encourageant l’idée de coopération ouvrière ; une tendance néo-jacobine avec des idées plus «politiques» que «sociales» ; et puis le petit groupe des insurrectionnels blanquistes. Ces derniers avaient pris notamment le pouvoir dans la police et constituaient la tendance la plus radicale, certainement la plus violente.

Vous avez démonté un certain nombre d’idées reçues. Avez-vous un exemple de mythe encore vivace ?

Il me semble que l’idée de la Commune comme une sorte de mouvement féministe ne tient pas la route. Personne n’a donné le droit de vote aux femmes. Elles ont joué un rôle important, mais c’était déjà le cas en 1848 et même en 1789. La Commune n’a pas été quelque chose de très nouveau pour les droits des femmes.

Leur présence n’a pas été plus importante sur les barricades, comparé aux révolutions précédentes ?

Il y a une difficulté ici. A l’époque, ce sont les versaillais qui ont voulu faire croire que les femmes s’étaient battues sur les barricades. Le signe, pour eux, que la Commune était quelque chose d’atroce : «Les femmes se battent, qu’est-ce qui pourrait exister de plus extrême ?» J’ai essayé de regarder d’assez près les archives, et il existe peu de preuves du fait qu’elles se soient battues en masse. Elles étaient présentes, c’est sûr, mais la plupart étaient des infirmières, des cantinières, etc., qui remplissaient des rôles assez traditionnels. Donc il me semble que ce côté-là est un peu exagéré.

Les hommes communards n’étaient pas féministes ?

La gauche en général n’était pas féministe. On pensait que les femmes étaient plutôt à droite, qu’elles étaient catholiques, qu’elles voteraient pour les royalistes.

Quel a été le rôle du patriotisme ?

La défense de la France révolutionnaire et républicaine était absolument centrale pendant la guerre de 1870-1871 et pendant la Commune, ainsi que la défense de Paris comme foyer de la Révolution et avant-garde de la République. Etre patriote voulait dire qu’on était prêt à se battre contre les Allemands, puis contre les royalistes de Versailles. On aimait s’habiller en uniforme, porter les ­armes. Il y avait une sorte de militarisme populaire au sein de la garde nationale.

Qu’est-ce que la garde nationale ? Etait-elle aussi formée militairement que l’armée versaillaise ?

C’était une milice composée de citoyens armés. Elle qui avait été, sous l’empire et la monarchie de Juillet, une sorte de police bourgeoise chargée de maintenir l’ordre, est devenue une immense armée populaire pendant la guerre contre les Allemands. Beaucoup avaient fait leur service militaire et étaient formés au combat. A l’inverse, une grande partie de l’armée de Versailles était composée de jeunes conscrits, qui n’avaient pas beaucoup d’expérience militaire, parfois même aucune. Donc les troupes versaillaises ne constituaient pas forcément une «armée de métier» et la garde nationale celle «des civils». Cette dernière était un pilier très important de la révolution.

Vous avez revu à la baisse le nombre de communards tués pendant la Semaine sanglante (3). Comment interpréter ce nouveau bilan ?

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit de toute façon de la plus grande tuerie du XIXe siècle. J’ai longtemps hésité à faire cette recherche, parce que je savais que ça allait être un peu controversé. En fait, j’ai travaillé d’abord sur les versaillais, en essayant de comprendre ce qu’ils avaient fait ; pourquoi et comment ils l’avaient fait. Les histoires décrivant la ville jonchée de cadavres ne reflétaient pas exactement ce que je trouvais dans les documents. Ça n’a pas été une sorte de «massacre sans discrimination». Les versaillais ont cherché les gens qu’ils considéraient comme les plus coupables : les étrangers, les chefs, les officiers de la garde nationale…

Il s’agit donc d’une répression plus ciblée et plus organisée ?

Exactement, et considérée comme légale. Il y a eu évidemment des massacres dans les rues, des gens pris les armes à la main et fusillés, mais on ne disait pas «on va tuer tous les communards», ce n’était pas du tout ça. Des prisonniers passaient devant des tribunaux, car il fallait découvrir qui étaient les meneurs.

Certains contestent votre comptage.

Vous savez, les recherches historiques sont toujours prêtes à être corrigées. Ce qu’on disait sur la Semaine sanglante était basé presque entièrement sur des écrits de l’époque, souvent de gens qui n’étaient même pas à Paris et qui parlaient de 50 000 fusillés, etc. J’ai donc essayé d’y voir un peu plus clair en regardant dans les archives. Si quelqu’un a trouvé d’autres preuves ou un argument pour réviser à la hausse le chiffre des tués, ce n’est pas quelque chose qui me froisserait. Je serais très intéressé.

Vous dites que la violence des communards était rare et brève (2) ?

Oui. La plupart des élus de la Commune étaient des démocrates qui croyaient en la liberté, qui n’aimaient pas les arrestations arbitraires, la censure (les blanquistes, eux, avaient des idées beaucoup plus dictatoriales). Ils ont utilisé très peu de violence, que ce soit contre leurs ennemis ou contre leurs partisans. Ce doit d’ailleurs être une des seules armées de l’histoire qui n’ait jamais utilisé la force contre ses propres hommes. A la fin, c’est vrai, lorsque la Commune était sur le point d’être détruite, qu’on savait que des communards étaient fusillés en grand nombre, qu’il n’y avait plus d’autorité dans Paris, il y a eu des actes de vengeance sur les otages : des dizaines… à comparer avec les milliers de personnes exécutées sur ordre par les versaillais. C’étaient des actes de désespoir, jamais validés par la Commune ou par les commandants de la garde nationale.

A quelle époque l’étude de la Commune s’est-elle libérée du militantisme ?

C’est clair : ce sont les travaux de Jacques Rougerie dans les années 60 et 70, à l’époque extrêmement controversés, qui ont changé les choses. Il est allé contre l’orthodoxie du Parti communiste et est le premier à avoir travaillé avec les archives. C’est lui qui a révolutionné l’histoire de la Commune.

Votre nationalité a-t-elle joué un rôle dans votre vision de l’événement ? C’est tout de même significatif qu’un livre de référence sur la Commune ait été écrit par un Britannique.

(Rires). Etre étranger fait qu’on est souvent vu comme neutre, on est moins soupçonné d’avoir des intentions politiques ou idéologiques. Donc j’ai bénéficié, je pense, de cette indulgence de la part de mes collègues français, qui ont considéré mon travail comme étant sans parti pris, ce qui j’espère est le cas. Evidemment, ce n’est pas «mon histoire», ce n’est pas l’histoire de mon pays. J’ai pu avoir beaucoup de sympathie pour les communards, j’ai une certaine affection pour pas mal d’entre eux, qui me semblent être des gens honnêtes ayant essayé de faire de leur mieux dans une situation atrocement difficile. Et je ne dirais pas que j’ai eu de la sympathie pour les versaillais, mais je comprends aussi comment ils ont vu la chose. C’est quand on vient de l’extérieur qu’on peut, dans un sens, avoir de l’«empathie» pour des positions très différentes. J’ai essayé de comprendre pourquoi les versaillais avaient tant détesté la Commune, et pourquoi les communards avaient fait cette révolution.

Récemment, vous vous êtes positionné en faveur du Brexit. Est-ce que vos collègues vous l’ont reproché ?

Certains oui. C’est un peu comme la Commune en France dans les années 70, c’est une question qui provoque des émotions.

Est-ce que cette prise de position a un lien avec votre vision de l’histoire ? Avec la Commune ?

Quand on est historien, on ne peut pas faire autrement, on est toujours obligé de regarder les causes, la longue durée… Je ne sais pas si les communards auraient aimé l’Union européenne (rires). Est-ce que ma sympathie pour eux m’a amené à avoir des soupçons vis-à-vis de cette grande structure bureaucratique… ? C’est possible.

(1) La Guerre contre Paris, Aubier, 1997 (1e éd. The War Against Paris 1871, CUP, 1981).
(2) Paris, bivouac des révolutions, Libertalia, 2014 (1e éd. The Paris Commune 1871, Longman, 1999).
(3) How Bloody Was La Semaine sanglante of 1871 ? A Revision, dans The Historical Journal, 2012. Il estime le nombre des tués entre 5700 et 7400 morts. Certains chercheurs ont contesté ses résultats, mais «il n’existe toutefois pas de contre-expertise documentée qui propose une nouvelle révision à la hausse», explique l’historien Quentin Deluermoz dans le dernier «Maitron», paru en février 2021. Dans un livre sorti le 4 mars (la Semaine sanglante, Libertalia), l’autrice Michèle Audin conclut à un bilan supérieur à 10 000 morts.

Posté par Luc Fricot à 12:10 - Permalien [#]

11 mars 2021

Quelle mouche a piqué les soignants ?

Lettre aux médecins et infirmiers qui traînent à se faire vacciner, en une impossible tentative d'expliquer leurs réticences.

par Luc Le Vaillant (publié dans Libération le 8 mars 2021 à 22h27)

Cher soignant,

Je n'en reviens pas. Il paraît que tu répugnes à te faire vacciner. Tu hésites, tu tergiverses, tu remets à plus tard. Tu es médecin, infirmier, aide-soignant. Tu croises ces malades intubés qui encombrent les salles de réa, ces résidents d'Ehpad à la fragilité vertigineuse, ces bien portants qui se retrouvent cisaillés du jour au lendemain. Tu montes au front depuis une année et tu es très au fait de la situation dégradée dont les plus bruyants de tes collègues se font l'écho avec force tambourinades excédées. Tu te prends chaque jour en pleine face les dommages irréversibles causés par cette pandémie. Mais il semblerait que tu fasses ta mijaurée.

Les bras m'en tombent. La grande majorité de tes concitoyens se damnerait pour une des doses que tu laisses dormir dans les frigos des armoires à pharmacie. Et toi qui es censé savoir que la vaccination est la seule solution pour retrouver une vie normale et faire retomber la surcharge sanitaire, tu fais la moue, tu tortilles, tu procrastines. Cette défausse m'afflige tant que j'ai essayé de trouver quelques bonnes raisons à cette abstention débilitante.
Sentiment d'invulnérabilité ?

La fréquentation de la maladie et de la mort te donne peut-être un sentiment d'invulnérabilité. A braver la fatalité, tu te sens épargné à jamais. Au quotidien, tu remontes des enfers en Orphée sanguinolent et exalté, certain de ne jamais te retourner sur l'amour sauvé, assuré de préserver l'existence de ta patientèle sous le charme. Il y a chez toi une assurance de pare-feu antivirus, un cœur de bronze qui jamais ne se brise, une immunité gagnée après aspersion au Kärcher par tous les microbes de la Terre. Tu serais mithridatisé à force de gober des pilules empoisonnées au petit déjeuner et ton talon d'Achille serait ressemelé automatiquement. L'ennui, c'est que si ta jeunesse et ta bonne nature te font passer entre les gouttes, tu sais pertinemment que tu peux colporter cette mauvaise came qui mettra sur le flanc les plus faibles. Tu me feras valoir qu'on n'est pas certain qu'un vacciné ne soit pas porteur sain. Je te rétorquerai qu'un infecté qui s'ignore a plus de risques de plomber la compagnie.
Réticence surinformée ?

Le plus délicat à imaginer serait que ta réticence à te faire poinçonner le biceps vienne d'une surinformation biaisée qui déboucherait sur un scepticisme aux aguets. Vu la difficulté à élucider les stratégies du Covid-19, qui est à la fois Machiavel et baron de Münchhausen, je me garderai bien de te traiter de suppôt du complotisme. Je conçois que tu regardes la variation AstraZeneca avec suspicion, tant ce candidat malheureux a vu sa campagne de promotion entachée d'incertitudes. Comme tout le monde, tu préfères t'éviter tout effet secondaire, réel ou fantasmé. Mais si le savoir n'est pas encore stabilisé, les grandes lignes sont tracées. Cela devient assez ahurissant de nier l'évidence. Je vois mal comment tu peux trafiquer à ta guise la devise médicale et te raconter que d'abord il ne faut pas nuire... à soi-même. La médecine qui est un art tout d'exécution avant d'être une science, est souvent une urgence humaine et toujours un soin à prodiguer.
Refus d'exemplarité ?

Il est envisageable que cela te chagrine d'être porté aux nues. Je peux comprendre que ces applaudissements du printemps dernier, qui résonnaient dans les cours d'immeuble et roulaient leurs tourbillons d'admiration en fleuves d'empathie, aient fini par te fatiguer. Il est possible que tu estimes ne pas les mériter, pas plus que tu ne supportes l'exigence d'exemplarité qui va avec. Tu ne te vois ni en sauveur de la nation ni en héros de la patrie. Tu ne la joues pas rebouteux appelé au chevet du pouvoir ou de la littérature, comme Clemenceau, Allende, Che Guevara, Tchekhov ou Céline. Tu voudrais juste pouvoir faire ton boulot tranquillement et être considéré comme un type banal, avec son courage en peau de lapin et ses limites très humaines. Certains de tes collègues se régalent à élaborer des tutos détaillant les gestes barrières, afin de débarbouiller la supposée ignorance crasse des populations à l'hygiène maussade. D'autres hantent les plateaux télé et font la leçon au bas peuple, Cassandres avides que le drame perdure, et leur récente notoriété avec. Tu t'épargnes volontiers cette pédagogie pour les nuls et ce mépris de sachant.

Grand bien nous fasse, mais difficile de te tenir sur la réserve plus longtemps. Entre Zorro et zéro, il y a de la marge. Le moment est venu d'accepter ce que tu prescris aux autres. Pour éviter d'en passer par une obligation légale, il te faut remonter la manche et accepter la piqûre. Ou comme Véran, ton ministre, tomber la chemise cintrée, au risque de dévoiler ton téton sous le corsage dégrafé.

Posté par Luc Fricot à 11:37 - Permalien [#]

13 février 2021

Sophie Wahnich: «Exercer son aptitude à l’utopie est une nécessité absolue quand l’avenir paraît avoir disparu»


Sophie Wahnich «Exercer son aptitude à l’utopie est une nécessité absolue quand l’avenir paraît avoir disparu» Comment nous projeter dans l’avenir et imaginer un monde meilleur alors que la crise sanitaire nous donne l’impression de faire du sur-place ? Pour l’historienne, spécialiste de la Révolution française, la pensée utopique constitue une source d’émancipation plus que jamais nécessaire. Même si elle se heurte au réel.

Quand elle était en sixième, sa professeure de français demandait à ses élèves d’imaginer des mondes utopiques. L’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich n’a finalement jamais interrompu cet exercice, que ce soit dans sa vie de citoyenne engagée, ou en scrutant les archives et les imaginaires sociaux de son époque de prédilection. Que deviennent les utopies aujourd’hui quand chacun éprouve la désolante impossibilité de se projeter, qui d’ordinaire est le propre de la dépression ? L’impression généralisée de vivre une journée sans fin anéantit-elle notre capacité à concevoir des organisations sociales aussi inédites qu’impérieuses ? Contre toute attente, Sophie Wahnich, directrice de recherche au CNRS, autrice notamment de la Révolution n’est pas un mythe, et longtemps chroniqueuse dans ces pages, dissocie l’aptitude à inventer des utopies, qui lui semble le propre de l’humain, de la possibilité du futur. Selon elle, s’il y a des périodes plus propices que d’autres à leur floraison, les utopies, leur dur désir de durer, et la faculté d’en imaginer de nouvelles, persistent même et surtout dans les moments qui paraissent le plus sans issue.

En quoi l’impossibilité actuelle de se projeter met à mal la construction d’utopies ?

L’utopie n’est pas forcément une projection dans le temps. Elle est une construction imaginaire qui se développe avec le plus de nécessité dans les périodes les plus entravées. Elle naît d’ailleurs avec Thomas More, qui écrit Utopia en 1516 en pleine Renaissance, période où l’essor du capitalisme met à mal certaines vies communautaires et lors de laquelle l’affirmation d’un nouvel art de gouverner est perçue comme tyrannique. Il ne me paraît donc pas contradictoire de soigner la dimension utopique de l’humain, dans les époques particulièrement sombres, despotiques, où, effectivement, on a le sentiment qu’on ne peut que se retirer dans ce «hors lieu» qu’est étymologiquement l’utopie. Produire ce lieu imaginaire permet de continuer à penser. Exercer son aptitude à l’utopie est une nécessité absolue quand l’avenir paraît avoir disparu. Sinon, effectivement, la mort est au rendez-vous : la mort sociale et la mort individuelle et psychique.

Mais la solitude obligée et l’absence de réunion collective ne compliquent-elles pas la construction d’utopies dans la période immédiate ?

Aujourd’hui, des petits groupes s’organisent pour fabriquer des utopies concrètes, dans de petits lieux, où ils expérimentent ce qu’ils estiment être bon pour eux et pour la société. L’utopie prend forme, mais dans une certaine fragilité, sans régime hégémonique, sans attendre d’avoir toutes les conditions idéales pour pouvoir tenter l’expérience. C’était le cas hier aussi. Je pense à Saint-Just et à ses fragments d’institution républicaine, qui écrit depuis l’expérience des impasses révolutionnaires, l’épreuve des vicissitudes de la Terreur, pour mettre en œuvre un art de faire société fondée sur des affects sociaux, l’amitié, la fraternité et l’hospitalité. Dans ce texte utopique, chacun déclare chaque année qui sont ses amis, et ceux qui ne le sont plus, on prend soin de ne pas censurer les femmes, de sanctionner ceux qui les battent ou les trahissent, on veille sur les enfants des amis, on libère les esclaves africains dans les colonies et on s’assemble pour délibérer.

Pourriez-vous donner des exemples d’utopies concrètes dont on a oublié qu’elles l’étaient avant de se généraliser ?

L’abolition de l’esclavage, le vote des femmes, l’absence de roi, autant d’utopies du XVIIIe siècle qui se sont réalisées. Il faut imaginer en 1789, combien paraît abracadabrante l’idée qu’il y ait des règles de droit que tout le monde devra respecter même les aristocrates ! L’idée d’un gouvernement populaire est évidemment considérée comme une utopie dangereuse. Plus tard, lorsque le suffrage universel masculin est rétabli en 1848, on considère qu’il est juste et normal que les femmes en soient exclues. Là encore la demande des femmes au droit de vote paraît utopique donc inconcevable. Or, pendant la Révolution, le suffrage des femmes était une revendication formulée. Il faut se souvenir de la fameuse Déclaration des droits de la femme, rédigée par Olympe de Gouges, où tous les énoncés débutent par «la femme et l’homme sont…». Quant à la fin de l’esclavage, elle commence dans une plantation puis dans plusieurs, puis dans l’île de Saint-Domingue rebaptisée de son nom amérindien, Haïti, à l’indépendance du pays proclamée en 1804, ce qui en fait la première république noire libre du monde. Il y a des allers et retours, mais même aux Etats-Unis, l’abolition entre dans un cadre légal en 1808.

Vous évoquez des mouvements universels. Y a-t-il des utopies plus mineures ?

«L’homme est un animal utopique et pas seulement politique», disait le philosophe Miguel Abensour, qui a écrit trois gros volumes sous ce titre, où il analyse les conditions d’émergences d’utopies qu’on pourrait qualifier de modestes, montre leur lien avec les moments révolutionnaires et comment le totalitarisme assassine leur percée. On peut prendre l’exemple des jardins d’enfants, développés en URSS dans les années 20, qui font écho à l’idée de dette sacrée en 1793 de la société à l’égard des femmes, des enfants, des infirmes et des vieillards. On a aujourd’hui tout à fait oublié que ces systèmes de garde collectifs ont été une utopie féministe et sociale considérée comme aberrante. Longtemps, on a naturalisé le principe que l’enfant devait rester auprès de sa mère jusqu’à l’âge de raison et qu’il ne devait pas en être autrement. Ces jardins d’enfants soviétiques portaient l’idée que la socialisation commençant plus tôt, elle serait plus aisée pour l’enfant et que l’émancipation plus forte des femmes contribuerait à une société plus égalitaire. Ils n’ont pas résisté au stalinisme qui les a liquidés.

Qu’est-ce qui différencie une utopie d’autres types de projet ?

L’enjeu de toute utopie est de démontrer que l’énoncé «ça a toujours été comme ça» est faux. «Ça peut être autrement» est une pensée réformiste. «Ça doit être différent» est une pensée révolutionnaire. Mais «ça pourrait être différent» est une pensée utopiste. Tout d’un coup l’imaginaire est ouvert. Nul besoin de faire exister l’utopie immédiatement, elle peut se transmettre au-delà de votre temps de vie. Ce qui a été lancé, n’est jamais perdu pour l’histoire.

D’où vient l’idée commune que l’utopie porte en elle son propre cauchemar lorsqu’elle prend forme ?

L’utopie est vouée à rencontrer l’impossible. Il y a une butée du réel sur laquelle elle achoppe. Dès lors, soit le mouvement cesse, soit il chute, se relève, réinvente des procédures pour à nouveau trouver une percée émancipatrice. J’appelle cela l’utopie des lignes brisées. Mais l’obstacle ne vient pas de l’utopie elle-même, mais bien de ceux qui la récusent. Si on regarde les révolutions du printemps arabe dont on fête les 10 ans aujourd’hui, on peut conclure qu’elles n’ont pas été à la hauteur des espérances. Mais les révolutionnaires savaient que leur mouvement allait se briser puisqu’ils ont inventé très tôt en Tunisie le Haut Conseil pour la protection des objectifs de la révolution, constitué de toutes sortes de gens qui essayaient de maintenir le cap. Je m’inscris en faux contre la pensée que la négativité serait incluse au sein des révolutions. La position du philosophe Claude Lefort au sujet de la fragilité des révolutions démocratiques qui impliquent que la place du pouvoir reste vide, me semble plus intéressante. En démocratie explique-t-il, du fait qu’on ne peut plus s’en remettre à un protecteur, la situation d’incertitude est anxiogène. C’est l’ensemble du peuple qui a charge de se protéger. Dans la période révolutionnaire française, cela s’appelle le salut public où chacun est responsable devant tous. Le mouvement des gilets jaunes avait une dimension utopique en maintenant le refus raisonné de s’en remettre à une figure tutélaire et même à une organisation. Cependant, dans ces moments de grande inquiétude, certains désirent à nouveau, d’une manière irréfragable, une figure de chef. C’est alors que la démocratie s’effondre dans une fin tragique. Car chacun dans sa fragilité est responsable de la démocratie.

Durant le premier confinement, il y a eu un énorme espoir de changement. On parlait du «monde d’après». Cela s’est fracassé. Y a-t-il eu un moment d’utopie ?

Oui, mais il a été suscité par un malentendu : le «quoi qu’il en coûte» a été entendu comme si on allait enfin faire payer les détenteurs du capital. Emmanuel Macron, depuis sa position de président de la République, a affirmé que le monde d’après serait différent, mais il l’a affirmé au même titre qu’il nous a parlé de «révolution» pendant la campagne présidentielle de 2017. Autour de ce malentendu est apparu «un violent désir de bonheur» pour reprendre le titre d’un beau film de Clément Schneider. Ce désir était latent, tout prêt à surgir, malgré le désespoir indéniable dû à une gestion cruelle de la crise du Covid – je pense à la situation des étudiants maintenus devant un écran, aux lieux culturels fermés. Le refus de penser ce qui nous ferait du bien n’a en soit rien de démocratique. Car l’un des principes démocratiques, c’est justement de retenir la cruauté.

Posté par Luc Fricot à 12:37 - Permalien [#]
Tags :

12 février 2021

Quand une agricultrice écrit à Yann Arthus Bertrand !

http://www.lagri.fr/tribune-quand-une-agricultrice-ecrit-a-yann-arthus-bertrand

Claire juillet est agricultrice en Saône et Loire à l’Earl du Paquier (élevage bovins allaitants, porcs plein air, maraîchage, agriculture biologique). Elle adresse ici un message “nécessaire” au photographe dont le discours à charge contre une certaine agriculture est devenu inacceptable.

Monsieur Arthus Bertrand,
La presse unanime annonce avec enthousiasme la diffusion imminente de votre dernier (?) film “Legacy” qui sera projeté sur M6 dans quelques jours. Avant tout, je tiens à préciser que je conserve précieusement dans ma bibliothèque votre magnifique livre “Bestiaux”, acquis dès sa parution et que je feuillette régulièrement avec le plus grand plaisir, tant les portraits qu’il contient montrent toute l’humanité des éleveurs et le lien particulier qui les unit à “leurs bêtes”.
Au vu de la bande annonce de votre film, bien que je comprenne qu’il s’agit d’une mise en bouche destinée à appâter le spectateur, j’ai d’abord été prise de colère, puis d’indignation. Depuis quand vous sentez-vous pousser des ailes de procureur ? Qui vous permet, apôtre de la décroissance sur le tard, familier des milliardaires, utilisateur compulsif des moyens de locomotion les plus polluants, de donner des leçons au reste de l’humanité ? Certes, personne n’est irréprochable, mais votre commentaire en voix off dans ce petit teaser est un ramassis d’approximations qui viendra, une fois de plus, alimenter l’infime minorité agissante de ceux qui veulent la peau des agriculteurs en général et celle des éleveurs en particulier. Où avez-vous filmé les images terrifiantes de ces concentrations de bovins ? Pas en France, bien sûr, mais le film ne le dit pas. Vous laissez croire que tous les bovins seraient soumis à un régime d’injections chimiques de toutes sortes. Ignorez-vous que c’est interdit chez nous ? Vous semblez trouver scandaleux que la consommation mondiale de viande ait été multipliée par 3 en 40 ans. Avez-vous bien réalisé que, dans le même temps, la population mondiale a doublé et qu’elle se répartit comme suit : 59,5 % en Asie et 17,2 % en Afrique, loin devant l’Europe qui représente moins de 10 % ?
Laissez-moi vous apprendre que dans cette même période la consommation de viande en Chine a été multipliée par 12, celle du Brésil par 2 et que, depuis 2004, l’Inde est devenu le premier producteur mondial de lait. Je vous suggère sur ce point la lecture du rapport de 2006 de la FAO sur l’élevage, dans lequel vous pourrez découvrir que le centre de gravité des activités liées à l’élevage se déplace inéluctablement du Nord vers le Sud depuis 1995. Que vous en soyez désolé n’y change rien : il se trouve que les populations des pays émergents ont aussi envie d’avoir accès à une nourriture autrefois réservée aux “riches” et qu’ils en acquièrent peu à peu les moyens. Au nom de quel principe vous sentez-vous autorisé à leur faire la morale ? Auriez-vous le toupet de proposer que, pour lutter contre le réchauffement climatique, il conviendrait que le Botswana mette fin à une politique agricole qui tend à l’autosuffisance alimentaire de sa population ?

Que n’utilisez-vous votre entregent considérable pour aller faire, pourquoi pas, la leçon à Xi Jinping ou à Bolsonaro ? Il est vrai que c’est un poil plus risqué que de culpabiliser la ménagère de moins de cinquante ans, de cajoler la vegane trentenaire ou de désigner comme tant d’autres avant vous, les agriculteurs comme boucs émissaires.
Venons-en au passage le plus ridicule de votre texte. Vous prétendez qu’un hectare cultivé peut nourrir deux carnivores ! De quels carnivores parlez-vous ? Je crois comprendre que vous faites allusion à l’être humain dans une pirouette sémantique destinée à flatter vos amis animalistes. Car vous ne pouvez pas ignorer que, d’une part, Homo Sapiens est omnivore (sinon il ne pourrait pas choisir de devenir végétarien) et, d’autre part, qu’on ne verra pas de si tôt vos chers lions brouter la savane. Au passage, vos deux carnivores ont un solide appétit car un hectare, c’est à peu près ce qu’il faut sous nos climats pour élever un bovin. Dans mon entourage, je ne connais personne d’assez affamé pour avaler la moitié d’un bœuf (soit 200 kg) par an.
Vous semblez par ailleurs réellement croire que le même hectare pourrait nourrir 50 végétariens. Ah bon ? C’est dommage, mais votre optimisme vous égare ou alors vous n’avez pas beaucoup pratiqué l’agriculture. 50 végétariens, c’est peut-être possible dans le cadre d’une agriculture ultra intensive chère aux industriels de la chimie, mais sûrement pas en agriculture biologique que vous prétendez défendre et en respectant les cycles nécessaires à la rotation des cultures. Une hypothèse plus raisonnable n’aboutirait alors qu’à la possibilité de nourrir 4 à 5 personnes sur cette surface. Mais bien sûr, asséner un slogan, ça marque davantage le spectateur qu’une leçon d’agronomie.
Cher Monsieur, il est possible que la bande annonce de votre film ne reflète pas avec exactitude le contenu de celui-ci. Ce ne serait pas la première fois que la pub ne correspondrait pas à la réalité du produit proposé. Mais, voyez-vous, il devient de plus en plus insupportable de recevoir, à longueur de journée et par trop de canaux médiatiques, ces incessantes leçons de morale, surtout lorsqu’elles viennent d’écologistes de salon dont les modes de vie sont aux antipodes de ce qu’ils exigent du citoyen lambda. Et vos récents efforts de soit disant “compensation carbone” visant à annuler l’impact écologique de vos déplacements dans les transports les plus polluants du monde ne sont rien d’autre qu’une version moderne du commerce des indulgences. C’est ce qu’on appelle s’acheter une conscience pour pas cher.

Soyez aimable Monsieur et quittez ce costume paternaliste passé de mode qui fleure la naphtaline néocoloniale. Nous sommes fatigués des discours de cette génération qui, après avoir profité sans réserve des Trente glorieuses, s’autorise à vouloir imposer à tous une prétendue sagesse acquise bien tardivement. Vous nous assurez que vous avez un cœur. À la bonne heure.
À l’avenir, servez-vous aussi de votre cerveau pour éviter de raconter n’importe quoi. Vos images sont plus éloquentes que vous. Vous feriez bien de vous en contenter ou d’employer vos talents et votre influence à mettre un terme à la dérégulation sauvage des échanges commerciaux qui est la véritable responsable du saccage de notre belle planète.

Claire Juillet

Posté par Luc Fricot à 15:57 - Permalien [#]

26 janvier 2021

Liste des expressions françaises

Ce site https://www.expressio.fr/ contient environs 5000 expressions.

Je les ai extraites avec un court descriptif, pour un usage hors-ligne. Par exemple regrouper les expressions pour dire mourir ou tuer ! liste_expressions

Beaucoup ne présentent d'intérêt que pour un non francophone ou pour la traduction.

y rester mourir ; être tué ; être anéanti

Depuis sa 3ème édition de 1740, le Dictionnaire de l'Académie Française donne, pour un homme qui a été tué sur le champ de bataille, "Il y est resté" :

LangueExpression équivalenteTraduction littérale
Anglais kick the bucket casser sa pipe

 

peu ou prou 

plus ou moins ; un peu ou beaucoup ; dans une faible mesure ; très peu ; environ ; à peu de choses près

Origine et définition

Attention ! Cette expression ne vient pas de la marine ! Car il ne faut pas confondre avec 'peu ou proue' qui n'existe pas et ne voudrait rien dire.
Nous savons tous que 'peu' veut dire "pas beaucoup" ou "en faible quantité".
Qu'en est-il de 'prou' ?
Cet adverbe qui signifie 'beaucoup' ou 'assez' et date du XIIIe siècle, vient du nom 'prou' qui voulait dire 'profit'[1].
Au XVIIe siècle, on disait "avoir prou de quelque chose" pour dire qu'on en avait beaucoup.
Depuis, le mot est tombé en désuétude et n'est plus utilisé que dans notre expression apparue vers 1600, alors qu'un peu avant, on disait "ni peu ni prou" pour dire "ni peu ni beaucoup".
[1] Jean de la Fontaine, dans "le paysan qui avait offensé son seigneur" () écrivait :
« Or buvez donc, et buvez à votre aise ;
Bon prou vous fasse ! Holé, du vin, holé ! »

Exemples

« Quand le moment est venu de payer, voyez-vous, ça sent toujours le voleur peu ou prou, comme on dit (…) »
René Boylesve - L'enfant à la balustrade

 

A propos d'Expressio

Le site Expressio est le résultat de plus de sept ans d'efforts de recherche de Georges Planelles, ingénieur de formation et passionné de langue française. Amoureux des mots (comme quoi il n'y a pas forcément une totale incompatibilité entre une formation purement scientifique et d'éventuels penchants littéraires), il lui arrivait régulièrement de vouloir trouver l'étymologie ou la signification d'une expression.

Ainsi, mu par la curiosité personnelle et le désir de partager, Georges Planelles s'est décidé à démarrer le site Expressio en 2005. Chaque jour, une des expressions les plus célèbres de la langue française a été décortiquée du point de vue de son origine, son évolution à travers le temps, des indications sur le bon usage ; elle est complétée par des exemples et même parfois des équivalents utilisés ailleurs. Le succès du site a été tel que Georges Planelles a rédigé un livre 1001 expressions qui est devenu un best-seller.

Le style d'Expressio et de ses forums n'est pas toujours politiquement correct, mais c'est une petite contrepartie pour qu'il soit vivant, plein de piquant et d'anecdotes.

En 2014, Expressio rejoint la galaxie des outils linguistiques proposés par Reverso, et complète ainsi l'offre gratuite de dictionnaires de définitions, de traduction, de conjugaison.

Posté par Luc Fricot à 19:50 - - Permalien [#]
Tags : ,

22 janvier 2021

Les vaccins à ARNm susceptibles de modifier notre génome, vraiment ? (source Inserm)

Les vaccins à ARN contre la Covid-19 suscitent de nombreuses questions. Sur quoi se fonde cette technique ? Quels sont les avantages et les limites ? Pour couper court aux fausses infos et répondre aux interrogations, Canal Détox fait le tour de la question.

.../...
Parmi les avantages associés aux vaccins à ARN, on compte notamment leur rapidité de développement. En effet, une grande partie du processus de développement et de manufacture des vaccins traditionnels se trouve éliminée. Il est par exemple possible d’éviter tout le travail de production des virus vivants atténués, inactivés ou recombinants à injecter aux patients ou encore de purification des protéines virales. En outre, les molécules d’ARN sont plus simples que des protéines virales : synthétisées par voie enzymatique, elles sont plus rapides à produire.

Par ailleurs, le fait de ne pas s’appuyer sur des virus entiers et de ne pas utiliser d’adjuvants dans le développement de ces vaccins, mais simplement des molécules d’acides nucléiques, signifie également que ces vaccins sont mieux tolérés par l’organisme. Ces molécules d’acides nucléiques vont jouer un double rôle : exprimer la protéine virale et stimuler le système immunitaire sans adjuvant chimique.
.../...
Par ailleurs, l’injection est locale et les cellules qui reçoivent l’ARN codant pour la protéine Spike sont principalement les cellules musculaires : en aucun cas l’ARN ne va jusqu’aux cellules des organes reproducteurs (les gonades). Il ne peut donc pas être transmis d’une génération à l’autre.

Enfin, les cellules produisant la protéine Spike suite à l’injection du vaccin sont rapidement détruites par le système immunitaire. L’ARN étranger ne reste donc pas longtemps dans l’organisme : il produit juste ce qu’il faut pour entraîner le système immunitaire à réagir en cas d’infection « naturelle » par le virus avant d’être éliminé.
Voir presse.inserm.fr

Posté par Luc Fricot à 12:17 - Permalien [#]

11 janvier 2021

Grippe aviaire : «On a créé des bombes biologiques qui nous pètent au nez»

Par Cyrille Pitois, envoyé spécial à Mugron (Landes) 10 janvier 2021 à 19:46

La colère gronde dans le Sud-Ouest, où les éleveurs sont confrontés à une épidémie du virus H5N8. Depuis son exploitation familiale, Serge Mora pointe la responsabilité des techniques de production intensive et le manque de réactivité de l’Etat.

Sur les coteaux de la Chalosse, dans le sud du département des Landes, l’agriculture n’est pas une sinécure. Exploitations morcelées, terrains en pente, exposés aux coups de vent océaniques, terres ravinées par les fortes précipitations, sécheresse en été… L’élevage du canard s’est progressivement fait une place de choix. Chez Serge Mora, 2 500 bêtes battent des ailes en plein air, sous le pâle soleil d’hiver. Dans les vastes enclos aussi appelés «parcours», le palmipède gambade et passe au distributeur de nourriture à volonté. Avant d’être gavé sur place au grain à l’âge de 100 jours. Un élevage paisible mais exigeant : gaver les 300 canards en phase d’engraissement réclame deux heures le matin et autant le soir, dimanches inclus. «Ici, l’élevage bovin n’est pas rentable. On s’est tous jetés dans l’élevage hors-sol, se souvient Serge Mora. Au point d’arriver à une densité énorme. Dans certaines communes d’à peine 1 500 hectares, on a totalisé jusqu’à 200 000 canards [chiffres de 2017, ndlr]

C’est le soir du 31 décembre que Serge Mora a découvert le premier canard mort chez les plus jeunes de ses pensionnaires, les plus exposés à la charge virale. «J’ai dit à mon fils : "Demain, on aura les étrennes !"» Depuis, chaque jour apporte son lot croissant de cadavres. C’est la troisième fois en cinq ans qu’un foyer de grippe aviaire prend ses quartiers dans cette ferme tranquille, qui nourrit ses animaux essentiellement avec le maïs, le soja ou le tournesol produits sur place.

Troisième vague

Six jours plus tard, après envoi de prélèvements au laboratoire départemental puis au laboratoire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (Anses) à Ploufragan (Côtes-d’Armor), le résultat est arrivé par courrier recommandé : l’exploitation est bien touchée par le H5N8, autrement dit le virus de la grippe aviaire. L’ensemble des canards sera abattu la semaine prochaine.

«Touchés ou sains, ils sont tous condamnés. On continue de les nourrir quand même», souffle Julien, le fils de Serge Mora, le regard perdu au-dessus des palmipèdes non infectés qui continuent leurs interminables randonnées. «Quarante-huit heures après avoir découvert le premier malade, on aurait pu abattre, avec l’aide du vétérinaire et 660 injections létales, les canards de trois semaines. On aurait éteint l’incendie avec un seau d’eau, et on aurait pu garder les bandes plus âgées. En respectant la procédure, cela dure deux semaines et il faut les Canadair. Ce matin, on est à 360 morts et on nous laisse là. C’est un spectacle crève-cœur pour un paysan», déplore Serge Mora. Il parvient à plaisanter : «C’est vrai que je n’ai que quarante-trois ans d’expérience ! Pendant plus de trente-cinq ans, avec mon épouse, nous avons développé une exploitation qui est passée de 15 à presque 70 hectares et nous a permis de financer les études de nos enfants, de dégager un revenu sans jamais prendre de vacances.» Et voilà la troisième vague de grippe aviaire en cinq ans, avec son lot de séismes pour les finances de l’entreprise, de désastre psychologique et de questions sur le modèle de la filière que le fils, Julien, devra continuer à faire évoluer. Ou pas.

A lire aussiDes aides pour les élevages qui battent de l’aile

Serge Mora est président du Modef des Landes, le syndicat agricole qui défend les exploitations à dimension familiale. «La contamination par le passage des oiseaux migrateurs, c’est une fable. La propagation vient bien davantage des migrateurs sur roues», sourit-il. Il vise les camions qui livrent de ferme en ferme les aliments et les jeunes canards qui vont y être élevés et gavés. «Chaque exploitation s’étant spécialisée, des canards font 150 à 200 km en camion pendant leur courte vie de 120 jours.»

Dans le modèle familial d’il y a une trentaine d’années, le canard arrivait à la ferme âgé d’un jour. Il en repartait sous forme de conserve ou de produit frais, après élevage, gavage, abattage et transformation sur place. Une vie sédentaire qui évitait de faire intervenir des équipes de vaccination, des équipes de ramasseurs et des transporteurs. «La multiplication des intervenants fait augmenter le risque de défaut du respect des mesures sanitaires», reprend Serge Mora. Autre facteur aggravant : la densité de la population de canards sur ce petit bout de territoire, avec parfois moins de 200 mètres de distance entre les exploitations. «Au lendemain de la crise de 2016, les autorités sanitaires ont alerté sur cette densité, se souvien-t-il. La profession en a pris acte en réclamant de l’argent public pour investir dans de vastes bâtiments. L’idée, c’était de mettre les animaux à l’abri. Mais du coup, on en a profité pour augmenter encore la population ! Les accords de désintensification n’ont jamais été respectés.»

«Air contaminé»

Serge Mora sait bien qu’il sera difficile de revenir en arrière. Le canard de plein air se vend principalement sur les marchés, dans les épiceries fines et auprès des particuliers. Et il en manque pour satisfaire la demande. Tandis que les gros transformateurs, eux, peinent à écouler leurs produits, particulièrement cette année, en raison de la fermeture des restaurants.

L’enfermement de ses animaux ne lui inspire rien de bon : «Au kilo d’animal, le canard consomme plus d’air qu’un cheval. En l’enfermant, on est obligé de mettre des extracteurs d’air puissants et on balance l’air contaminé dans la nature. Avec trois fois plus de précipitations qu’à Paris et des vents dominants d’ouest de plus en plus soutenus, c’est un brumisateur permanent qui diffuse les virus éventuels. On a créé des bombes biologiques qui nous pètent au nez.»

Julien, le fils, qui revient aux commandes de l’exploitation après un parcours de salarié à l’extérieur, se pose des questions pour l’avenir de la ferme. Il ébauche une solution : «Faire la pause en décembre après le gavage de la dernière bande et ne reprendre des canetons qu’en février, quand le risque aigu d’épizootie sera écarté. Cela fait trois à quatre mois sans production, mais on n’est pas forcément perdant à la fin de l’année si on ne s’est pas endetté dans des bâtiments.» A étudier, sans savoir a priori si la recette est viable. «Si les faits sont têtus et que je n’y arrive pas, je ne m’entêterai pas. Je n’ai pas choisi ce métier pour vivre de subventions.»

Posté par Luc Fricot à 19:35 - Permalien [#]
Tags : ,

09 janvier 2021

Qwant : les maux clés

Lancé en 2013, vite pressenti comme une pépite technologique en devenir, le moteur de recherche français n’a pu tenir ses promesses. Au pied du mur, il doit désormais se réinventer afin de se démarquer de ses concurrents dans un marché ultradominé par Google.

«Peu de gens ont conscience de la complexité que représente le développement d’un moteur de recherche. On est en bas du mont Ventoux et l’erreur est d’avoir survendu Qwant. Nous demandons de la patience.» Le ton, mea culpa et profil bas, est à l’image du nouveau visage cultivé depuis un an par l’unique moteur de recherche français et européen, lancé en 2013 sans avoir jamais vraiment décollé auprès du grand public malgré sa promesse vertueuse : «Le moteur qui respecte votre vie privée.» Sous la houlette de son patron, Jean-Claude Ghinozzi, un «opérationnel» au profil marketing passé par Microsoft et arrivé chez Qwant à l’été 2017, cette alternative jusqu’ici lilliputienne à la toute-puissance du roi Google n’a plus que ce mantra à la bouche : se recentrer sur son outil de recherche maison. Une gageure pour un site encore largement «motorisé» aujourd’hui par Bing, l’outil de recherche du géant américain Microsoft, avec lequel il a noué un partenariat longtemps tu et même nié, ce qui a fortement entaché sa réputation. Dans un souci de transparence inédit, Qwant a d’ailleurs reconnu le mois dernier que l’index qui se cache sous son capot n’est capable de répondre «en totale autonomie» qu’à 40 % des requêtes de ses utilisateurs…

Mais en se concentrant sur ce seul usage qui constitue la porte d’entrée sur la Toile pour 65 % des internautes, Qwant espère encore, sept ans après le lancement de sa première version bêta, honorer sa promesse de mise au point d’un outil de recherche en ligne aussi performant que réellement souverain et respectueux des données de ses utilisateurs. Un défi colossal pour une entreprise qui rame à se défaire de son étiquette de canard boiteux dans le microcosme de la tech française, où ils sont nombreux à n’y voir qu’un vaste enfumage doublé d’une gabegie d’argent public.

Chez Qwant, ce qui est présenté comme le nouveau départ d’un «Phœnix» - le nom de code dont les développeurs ont baptisé la nouvelle version du moteur prévue d’ici à l’été - renaissant de ses cendres a débuté il y a un an, en janvier 2020. Sous la pression des actionnaires, qui exigent son départ comme préalable à toute recapitalisation, le PDG et cofondateur de l’entreprise, Eric Léandri, est débarqué manu militari. La fin de la période «open bar» dont Qwant, devenu l’étendard anti-Gafa choyé par la macronie, a usé et abusé, s’éparpillant dans des déclinaisons tous azimuts de la marque (Qwant Music, Qwant Causes, Qwant Sports, Qwant Pay, etc.), en singeant à son petit niveau la démesure des géants du numérique. Sauf qu’en 2019, le moteur de recherche, qui promettait 15 millions d’euros de chiffre d’affaires, n’en avait réalisé que 5,8 millions, creusant ses pertes à un niveau record de plus de 20 millions d’euros. Le tout pour une part de marché de 1 %, microscopique face au titan Google qui truste aujourd’hui plus de 90 % des recherches internet en France. 

Chute libre

Un an plus tard, où en est-on de la nouvelle stratégie de «monétisation» du moteur, qui était censée mettre fin à l’hémorragie et permettre à l’entreprise d’atteindre l’équilibre à l’horizon 2021 ? «Le Covid est passé par là et a compliqué nos plans, amputant notre chiffre d’affaires d’au moins 25 % par rapport à ce qui était escompté», plaide Jean-Claude Ghinozzi, qui fait valoir que la situation ne s’est pas «aggravée». «Notre modèle, basé sur la vente de mots clés mais sans aucun traçage des internautes, a prouvé sa pertinence dans un marché de la publicité numérique qui a reculé de 10 % au total en 2020, poursuit-il. On n’a certes pas atteint nos objectifs, mais l’audience et l’activité ont bien progressé et sans la crise, on était sur une tendance de plus 50 % d’une année sur l’autre.»

Après un printemps en chute libre, Qwant, qui restera en deçà des 10 millions d’euros d’activité pour l’année écoulée, se targue de l’avoir mieux terminée avec une progression de ses revenus de presque 50 % en décembre par rapport à décembre 2019. S’il a gagné des utilisateurs, le petit moteur français a aussi continué à afficher de lourdes pertes, de l’ordre d’1 million d’euros par mois. Les actionnaires ont dû remettre au pot l’an dernier : la Caisse des dépôts (CDC), 35 % des parts, a déjà investi plus de 30 millions d’euros depuis son entrée au capital en 2017, suivie par le groupe de presse allemand Axel Springer (20 %), fer de lance outre-Rhin de la croisade anti-Google.

Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, a repéré dès 2015 ce qui devait devenir une pépite technologique française. Devenu président de la République et thuriféraire de la «start-up nation», il ne lâche pas Qwant et la puissance publique continue donc à soutenir l’aventure via la CDC. En contrepartie, la start-up doit resserrer les cordons de la Bourse. Les coûts ont ainsi été réduits depuis de 30 % à 35 %, en ramenant les effectifs de 145 personnes à une centaine. Les deux filiales d’Ajaccio (Qwant Music) et d’Epinal (Qwant Entreprise), ouvertes avec le soutien financier actif des collectivités locales, ont, elles, été fermées, ainsi que la dizaine de sociétés créées pour décliner la marque. Il n’en reste plus que trois en comptant les deux filiales «dormantes» d’Italie et d’Allemagne, ses deux autres principaux marchés, en plus des trois sites hexagonaux (le siège parisien, Nice pour la recherche et développement et Rouen pour les serveurs).

«Il faut être lucide et faire des choix, on n’a pas les moyens de développer des suites de services comme l’ont fait nos grands concurrents qui peuvent investir à perte dans de nouveaux produits pendant des années dans une logique d’écosystème, explique Jean-Claude Ghinozzi. Notre priorité, c’est d’atteindre une taille critique, sans laquelle nous ne serons jamais rentables.» Seuls rescapés, le service Qwant Junior et l’outil de cartographie Qwant Maps, stratégique pour attirer de la publicité, qui ne stocke pas les données de géolocalisation. Une nouvelle version en sera dévoilée au printemps. En revanche, aucune date n’est plus évoquée pour un outil de mail, que Qwant compte toujours proposer, mais via un partenaire afin d’en limiter au maximum le coût.

«Google et les miettes»

Avec près de 5 millions de visiteurs uniques par mois, Qwant pointait à la quatrième place des moteurs de recherche dans l’Hexagone en termes d’audience en octobre selon Médiamétrie, à des années-lumière de Google (45 millions de visiteurs uniques) et loin derrière Yahoo et Bing. Une audience surtout liée à sa notoriété en France (75 % de l’activité de Qwant), mais qui représente donc moins de 1 % du marché archi-concentré de la recherche en raison d’une bien trop faible fréquence d’utilisation. Dit autrement, les usagers de Qwant sont trop peu fidélisés et ce n’est pas son installation comme moteur de recherche par défaut de l’administration française sur les ordinateurs des fonctionnaires depuis 2020, ou sur des parcs d’entreprises (l’assureur AG2R récemment), qui va radicalement changer la donne. «Ce sont des petits coups de pouce valorisants en termes d’image et de notoriété, mais il est impossible de savoir combien de ces utilisateurs gardent Qwant et surtout l’adoptent en dehors du bureau, témoigne un responsable informatique dans le service public. On ne va pas aller jusqu’à interdire Google pour donner sa chance à Qwant.» A ranger dans les petites victoires tout de même, Qwant a été choisi en 2020 par le chinois Huawei, leader mondial de la 5G et numéro 2 des smartphones derrière Samsung, comme moteur de recherche par défaut sur la gamme de téléphones P40. Le géant chinois a en effet été privé de Google pour cause de conflit avec l’administration américaine.

Mais le moteur français doit également faire face à la concurrence de «métamoteurs», qui surfent eux aussi sur la vague éthique de la protection des données personnelles. Ces derniers se contentent d’agréger les résultats d’autres sources de recherche, comme Bing, sans développer leurs propres technologies. Et dans une même logique de partage des revenus publicitaires, avec un reversement en moyenne de 20 % pour le fournisseur de technologies. Une stratégie moins coûteuse et moins risquée, susceptible d’être plus rapidement payante. «La seule question qui vaille aujourd’hui, c’est celle de l’apport technologique d’un Qwant en termes de qualité de service par rapport à des moteurs comme Ecosia, qui met en avant l’écologie en plantant des arbres, ou DuckDuckGo», explique un observateur du secteur qui rappelle qu’en matière de recherche, «il y a Google et les miettes». Or cela n’a rien d’évident pour l’utilisateur.

«C’est trop tard»

«Qwant n’apporte rien de vraiment novateur par rapport aux autres moteurs et essaie simplement de faire ce que faisait Google il y a dix ans, les moyens en moins», poursuit-il. Et le Petit Poucet français ne se différencie du géant américain «ni dans la qualité ou la présentation des résultats, ni dans le respect des données personnelles». Verdict de ce spécialiste : «Dire que l’on s’appuie sur ses propres technologies n’a aucun intérêt si elles n’apportent aucune rupture et innovation par rapport à ce qui se fait ailleurs. C’est juste une posture politique et cela ne fait pas une stratégie dans un marché ultraconcurrentiel et figé depuis longtemps.» Bref, Qwant «avait peut-être une carte à jouer il y a dix ans, mais maintenant c’est trop tard».

Pour devenir bénéficiaire, Qwant doit pourtant à la fois doubler son chiffre d’affaires et atteindre les 12 ou 13 millions de visiteurs uniques par mois, reconnaît son équipe dirigeante, entièrement remaniée l’an dernier. Plus de la moitié du chemin reste donc à parcourir. Cela nécessitera une nouvelle levée de fonds de 20 millions d’euros en 2021 pour se rapprocher de cette autonomie technologique (l’objectif est de la porter à au moins 80 %) et poursuivre le développement à l’étranger. Comme en Allemagne, où le moteur prévoit de dépenser 10 millions d’euros en marketing pour se faire connaître. Qwant a déjà obtenu un report de remboursement d’un an de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui lui avait octroyé un prêt de 25 millions d’euros en 2015. Et en fonction du succès de la levée de fonds, la nouvelle équipe prévoit d’embaucher des ingénieurs pour accélérer sur le plan technologique. Objectif : atteindre l’équilibre financier d’ici à fin 2021. Si le Phoenix renaît bien de ses cendres.

Posté par Luc Fricot à 12:17 - Permalien [#]
Tags : ,

29 décembre 2020

Dominique Costagliola, solide comme un doc

Par Eric Favereau et Cyril Zannettacci,

L’épidémiologiste, spécialiste du sida, est réputée pour sa solidité mathématique et pour son franc-parler qui rive leur clou aux «nuls».

Ils se sont donné le mot. Ces temps-ci, tous dressent le même portrait de Dominique Costagliola, épidémiologiste, spécialiste du sida, et depuis le printemps visage familier des médias sur le Covid-19. Pêle-mêle : «Dominique est cash», «Dominique est une très bonne professionnelle», ou encore : «Dominique est libre dans sa tête». Preuve de cet unanimisme, le professeur Jean-François Delfraissy synthétise : «C’est une femme de caractère et une scientifique extrêmement solide.» Et on pourrait rajouter, pour avoir relu la plupart de ses déclarations depuis six mois, qu’elle s’est très peu trompée, mêlant analyses documentées et prévisions mesurées. «Je ne parle que de ce que je connais», dit-elle.

Cash, donc. Oui, sans l’ombre d’un doute. Quand on l’interroge sur les politiques, cela peut tomber dru. «Leur rôle n’est, certes, pas facile, je ne les critique pas trop. Sauf Blanquer. Il ne dit que des bêtises, il répète qu’il ne se passe rien à l’école. Idiotie.» Bien sûr, elle a des propos carrés sur son meilleur ennemi, Didier Raoult : «Quand il parle d’épidémiologie ou de clinique, il n’y connaît rien. Ses données sont nulles.» Les laboratoires pharmaceutiques ? «Oui, j’ai des liens, et c’est voulu et déclaré. Cela me permet de faire des études. Et cela ne m’empêche pas de leur dire ce que je pense.» Et de citer un dernier exemple : «J’étais au board de Gilead. Lorsqu’à une réunion nous n’avons parlé que du produit de leur concurrent, j’ai dit ça suffit et j’ai tout stoppé.» Plus généralement : «Je réponds aux questions même gênantes, je trouve cela trop fatigant d’avoir deux positions différentes selon les interlocuteurs.» En tout cas, et certains s’en souviennent, Costagliola est capable d’assassiner quelqu’un lors d’une réunion si elle estime que ses propos sont «nuls». Car nulle, elle ne l’est pas.

Son père était militaire. Enfant, elle habite à Viry-Châtillon «dans une cité que l’on trouvait très luxueuse car on avait une salle de bains». Après de bonnes études, elle entre dans une grande école d’ingénieurs télécoms mais s’y ennuie. «J’étais frappée par le fait que tous les étudiants, ayant intégré cette école, se disaient que c’était arrivé, et n’avaient plus aucun projet.» Ce n’est pas son cas. Elle découvre, en fin d’études, les liens entre statistiques et biologie.

Compétente, ensuite. Dominique Costagliola est une travailleuse acharnée. «J’aime les chiffres», avoue-t-elle comme d’autres évoqueraient une passion pour les tableaux. On sent qu’elle s’entend bien avec eux. Elle les comprend, les amadoue, les caresse. C’est ce qu’elle a toujours fait : s’appuyer sur la rigueur des données pour avancer. Et cela marche. A deux reprises, elle a touché le graal. Son premier fait d’armes a été de démontrer, dans les années 90, que la contamination mère-enfant dans le sida se produisait majoritairement lors de l’accouchement. «Plus des deux tiers des problèmes ont lieu à ce moment-là», dit-elle. «C’était une sacrée info, car cela conduisait à lancer des actions de prévention», lâche-t-elle, encore émue. Plus récemment, elle a coordonné le grand essai français sur la prophylaxie pré-exposition (Prep) pour montrer qu’un traitement antirétroviral pouvait éviter une contamination lors d’une relation à risque. «Son travail de chercheuse est colossal», lâche, impressionné, un haut responsable de l’Institut Pasteur.

Ces temps-ci, elle fait donc l’unanimité. Parfois, on se demande s’il n’y a pas un petit désir de réhabilitation chez cette chercheuse jusqu’alors mal connue du grand public. «Non, pas du tout, réagit-elle, je n’ai pas le sentiment d’avoir souffert d’être une femme.» Elle cite le prix de l’Inserm reçu en 2013 puis, le top du top, le Grand Prix toujours de l’Inserm, ce mois-ci, sans oublier sa nomination à l’Académie des sciences.

Pour le reste, il faut avancer à tâtons. Lorsque l’on évoque ses liens familiaux, elle répond : «J’ai poussé un peu loin l’indépendance ou l’autonomie.» Elle vit seule. Son appartement est rempli d’objets, souvent asiatiques. Elle adore le musée Guimet, rêve de retourner au Japon. «Je vis très bien seule», insiste-t-elle pour clore le sujet. Ses amis ? Ils viennent souvent du monde associatif de la galaxie sida, comme l’ex-président d’Aides Bruno Spire, ou l’ex-responsable du Sidaction, Eric Fleutelot, qui nous dit : «On s’amuse beaucoup avec elle, en plus, quand je ne comprends pas quelque chose, elle m’explique tout !» Bien sûr, ajoute-t-il, «on parle de nourriture».

Ah la nourriture… c’est l’autre élément clé. Elle adore se faire des petits plats. Quand on l’interroge sur son surpoids, elle raconte : «C’est venu quand j’ai fait des crises de rhumatisme à 5 ans. J’ai été couchée pendant des mois, c’est sûrement lié aux médicaments que j’ai pris alors. Puis après j’ai fait une primo-infection à la tuberculose.» Mais n’est-ce pas handicapant ? «Ce n’est pas facile pour s’habiller.» Rien d’autre. Pendant le confinement, en tout cas, elle a détaillé à satiété les bons repas qu’elle préparait. «Je suis capable de me déplacer pour trouver tel ou tel ingrédient. C’est un vrai plaisir.» Avec une prédilection pour les plats japonais.

Voilà. Dominique Costagliola est un personnage attachant. Pour la suivre depuis près de trente ans au gré des congrès ou conférences sur le sida, on l’a vue se forger une place à part dans ce milieu somme toute assez narcissique. Elle est devenue incontournable, rare épidémiologiste à travailler efficacement avec des médecins souvent plus rêveurs qu’elle. Elle est comme un roc. Ne semble pas douter. Est-ce pour cela qu’elle peut faire peur aussi ? «Elle est sans filtre», note un infectiologue ami. On l’a vue encore récemment, en pleine crise du Covid-19, claquer la porte lorsque l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a voulu trop vite communiquer sur les résultats d’un antirétroviral contre le Covid-19. Agacée par cette com à outrance, elle a démissionné sur le champ du comité de suivi. Elle est, ainsi, sans regret. Néanmoins, elle n’a pas été nommée professeure. Jalousie ? Crainte de son fort caractère ? Lorsqu’on lui demande si elle n’a pas eu peur du Covid-19 pour sa santé, la réponse fuse. «C’est vrai que j’ai plein de facteurs de risque. Au début, j’ai paniqué, et puis je me suis dit que bon j’allais mourir du Covid. Et de me le dire, cela m’a détendue.»

Politiquement, elle est de gauche, syndiquée aussi. «Mais qu’est-ce que cela veut dire, être de gauche aujourd’hui ?» lâche-t-elle. Il est hors de question qu’on la reprenne néanmoins à voter pour l’actuel président. La suite ? Pas de surprise. Travailler et travailler encore. Elle sera à la retraite à l’été 2021, mais elle en a repris pour cinq ans en dirigeant une vaste recherche sur le Covid-19 au niveau européen. De quoi nourrir sans limite son appétit scientifique.


1954 Naissance à Asnières.
1982 Chercheuse à l’Inserm sur la santé et l’épidémiologie.
1986 Travaille à temps plein sur le sida.
2013 Prix Recherche de l’Inserm.
2017 Membre de l’Académie des sciences.
Décembre 2020 Grand Prix de l’Inserm.

Posté par Luc Fricot à 15:25 - Permalien [#]

05 décembre 2020

Viande artificielle, pourJocelyne Porcher : «Il existe une autre voie, c’est l’élevage paysan»_

Ancienne éleveuse et sociologue à l’Inra, Jocelyne Porcher défend l’élevage à taille humaine et le retour à une relation plus consciente du consommateur avec l’animal qu’il mange. Elle s’oppose à la viande artificielle dans son dernier livre notamment, Cause animale, cause du capital (le Bord de l’eau, 2019).

«L’arrivée de la viande cultivée dans les nuggets est perçue par certains comme l’amorce d’un changement de paradigme alimentaire qui serait bénéfique à la planète, aux animaux et aux consommateurs. Pourtant, cette évolution n’a rien de révolutionnaire. Elle s’inscrit au contraire très logiquement dans la dynamique d’industrialisation de l’élevage entamée au XIXe siècle avec l’émergence du capitalisme industriel.

«Lorsqu’en 2011, Joshua Tetrick, alors président de l’entreprise Hampton Creek Foods (rebaptisée Eat Just à la suite de déboires judiciaires) affirmait : "Le monde de l’alimentation ne fonctionne plus. Il n’est pas durable, il est malsain et dangereux […], nous voulons créer un nouveau modèle qui rendrait le précédent obsolète", il témoignait clairement de ses intentions. L’objectif est bien de créer un nouveau modèle centré sur la production de la matière animale à partir d’animaux. Pour le bien commun, il serait, selon lui, maintenant préférable de produire la matière animale sans les animaux ou du moins à un autre niveau d’extraction. La cellule au lieu de l’animal entier. L’incubateur au lieu de la vache.

«Autrement dit, il s’agit de changer le processus de production et le niveau d’extraction mais pas le système de pensée sous-jacent qui reste le même, utilitariste et instrumental. L’animal est toujours réduit à son potentiel de production. Ce qu’exprime clairement Mark Post, pionnier des recherches sur la viande in vitro : "La viande in vitro de bovin est 100 % naturelle, elle grossit en dehors de la vache." Autrement dit cette dernière n’est qu’un contenant que l’on peut remplacer par un incubateur. Elle n’a aucune existence au-delà de son utilité productive.

«Cette production hors sol de matière animale supposée nourrir le monde recèle, et c’est là son intérêt principal, un gisement de profits quasi infinis. Car, si depuis une décennie, certains milliardaires et fonds d’investissement misent sur la viande cultivée, ce n’est pas par souci des animaux ou de la planète, qu’ils contribuent à détruire par ailleurs, mais parce que ces innovations sont potentiellement ultra-rentables et qu’elles vont générer une dépendance alimentaire durable des consommateurs.

«Si l’on suppose que la production de la matière animale en incubateur ne pose aujourd’hui plus de problèmes techniques majeurs, les stratégies des investisseurs sont de fait orientées sur la construction de la demande. Comment faire pour que les consommateurs, n’importe où dans le monde, consentent, voire réclament, de la viande cultivée ? Il faut d’une part susciter le rejet des anciens produits animaux et d’autre part attiser le désir de produits nouveaux. Sur le premier point, ce sont les associations de "défense" des animaux qui sont mobilisées en multipliant images et discours contre "l’élevage industriel" en plaçant finalement les consommateurs devant une alternative : ou "l’élevage industriel" ou la viande cultivée [lire Libération de jeudi, ndlr]. Sur le second point, l’ouverture de restaurants proposant de la viande cultivée est une offre de distinction et un marqueur moral pour des consommateurs sensibles aux valeurs de l’idéologie dominante qu’ils contribueront à propager.

«Il existe une autre voie, que les promoteurs de la viande cultivée refusent de considérer, c’est l’élevage paysan. Nous pouvons sortir des systèmes industriels sans rompre nos liens avec les animaux de ferme en installant, non pas des incubateurs à viande à l’entrée des villes, mais des milliers de paysans dans les campagnes. N’en déplaise aux actionnaires et aux "défenseurs" des animaux, les vaches ne sont pas encore sorties de l’histoire.»

Posté par Luc Fricot à 19:25 - Permalien [#]

27 octobre 2020

Utiliser regex en programmation Pascal

  Il s'agit d'utiliser la syntaxe "Regex"pour faire des recherches de texte équivalentes en langage Delphi Free-­Pascal de base. il s'agit pas de remplacer des composants existants ni de faire des routines exhaustives,( pas d'unicode par exemple), mais d'élaborer des fonctions pas à pas, sans privilégîer a rapidité ou la compacité.

Comme la syntaxe de Regex varie, je garderai le mieux
 
Les ancres ^ et $

  • ^Début commence par "Début"
  • fin$ termine par "fin"

En Pascal, on utilisera

pos('Début',s)=1

pos('fin',s)=length(s)+1-length('fin')

 

Les quantificateurs*, +, ? et {}

  • abc*  "ab" suivi de zéro ou plusieurs "c" -
  • abc+  "ab" suivi d'un ou plusieurs "c"
  • abc?  "ab" suivi de zéro ou un "c"
  • abc{2}  "ab" suivi de 2 "c"
  • abc{2,}  "ab" suivi de 2 (ou plus) "c"
  • abc{2,5}  "ab" suivi de 2 à 5 "c"
  • a(bc)*  un "a" suivi de zéro ou plusieurs séquences "bc"
  • a(bc){2,5}  un "a" suivi de 2 à 5 copies de la séquence "bc"

 

On ne retiendra donc qu'une seule syntaxe : a{min,max}+
Respectivement 0,-1 1,-1 0,1 2,2 2,-1 2,5 où -1 est un max indéfini.

 

L'opérateur OU : | ou []

  • a(b|c) contient un "a" suivi de "b" ou "c"
  • a[bc] même résultat.


Les classes de caractère: \d, \w, \s et .

\d un chiffre -
/\w un caractère de mot (lettres, chiffres et underscore)
-\s espace,tabulations et les sauts de ligne.
\D n'est pas \d
\W n'est pas \w
\S n'est pas \s
\$ valeur littérale de $ (idem pour ^[].$ () | * +? {}\ )
. n'importe quel caractère
\uFF caractere Asci.
\UFF unicode
\h Hexadécimal
\a diacritiques _\a(ca) cherche ca ça cà et çà si FR
\n saut de ligne (#10 = $A)
\r retour chariot (#13 = $D)
\t tabulateur (#9)
\b bordure les mots (soit début ou finde ligne, soit séparateur)
\B n'est pas \b
\1 texte du groupe de capture 1
\v séarateur décimale (. ou ,)

 

Les indicateurs

 Ces indicateurs sont  à mettre en vaziables globales.

g (global) ne tient pas compte du remplacement pourla recherche suivante.
                 Ainsi cherche "00" remplace "0" pour "00000", donne 000 et non 0.-

m (multi line):^ et $ correspondent au début et à la fin d’une ligne, au lieu de la chaîne de caractères entière

i (insensitive) rend l’expression insensible à la case (par exemple, /aBc/i correspondrait à AbC)

Langue du texte outre l'anglaisà, pou les accents et autres (æßñ¡¢¿ ). FR ES IT DE...

 

Regroupement et capture: ()

  • a(bc) crée un groupe de capture avec la valeur bc -
     

Expressions entre crochets : [] [-] [^]

  • [abc] correspond à une chaîne de caractères qui a un a ou un b ou un c (est identique à a|b|c) -
  • [a-c] exactement la même chose, littéralement tout caractère de a à c.
  • [a-fA-F0-9] = /h
  • [0-9]% une chaîne de caractères qui a un chiffre de 0 à 9 avant le signe % =:/d%
  • [^a-zA-Z] ne contient aucune lettre de a à z ou de A à Z. Dans ce cas, le ^ est utilisé comme négation de l’expression

 



Avant de.proposer des fonctions Delphi,on peut utiliiser les utilitaires de ligne de commande 
GREP.EXE, l'utilitaire de recherche de texte
 reFind.exe, l'utilitaire Rechercher et Remplacer utilisant les

GREP (Global Regular Expression Print) est un puissant programme de recherche de texte dérivé de l'utilitaire UNIX du même nom. GREP recherche un texte dans un ou plusieurs fichiers ou dans le flux d'entrée standard. La syntaxe générale de la ligne de commande GREP est grep [-<options>] <searchstring> [<files(s)>...]

reFind est un utilitaire de ligne de commande pour la recherche et le remplacement de modèles de texte Perl RegEx dans un fichier texte.
-Exemples

  • Remplacer tous les "TQuery" par "TFDQuery" dans les fichiers pas :
    refind *.pas /I /W /P:TQuery /R:TFDQuery
  • Remplacer tous les "TxxxQuery" par "TFDQuery" dans les fichiers pas et dfm :
    refind *.pas *.dfm /I /W "/P:T[A-Za-z]+Query" /R:TFDQuery-
  • Remplacer tous les "TxxxQuery" par "TQueryxxx" dans les fichiers pas et dfm :
    refind *.pas *.dfm /I /W "/P:T([A-Za-z]+)Query" /R:TQuery\1
  • Retirer tous les "Origin = xxxx" des fichiers DFM :
    refind *.dfm /L "/P:\n +Origin =.+$" "/R:"


Comment exécuter un programme en ligne de commande avec Delphi ?

https://webdevdesigner.com/q/how-do-i-run-a-command-line-program-in-delphi-67216/

   

exemple utilisant ShellExecute() :

procedure TForm1.Button1Click(Sender: TObject);
begin
ShellExecute(0, nil, 'cmd.exe', '/C find "320" in.txt > out.txt', nil, SW_HIDE);
Sleep(1000);
Memo1.Lines.LoadFromFile('out.txt');
end;

notez que l'utilisation de CreateProcess() au lieu de ShellExecute() permet un meilleur contrôle du processus.

Idéalement, vous devriez aussi appeler cela dans un thread secondaire, et appeler WaitForSingleObject() sur la poignée du processus pour attendre que le processus soit terminé. Le Sleep() dans l'exemple est juste un hack pour attendre un certain temps pour le programme commencé par ShellExecute() pour finir - ShellExecute() sera ne pas le faire. Si c'était le cas, vous ne pourriez pas par exemple simplement ouvrir une instance notepad pour éditer un fichier, ShellExecute() bloquerait votre application mère jusqu'à ce que l'éditeur soit fermé.

Variant1:

cela lancera un programme 'DOS' et récupérera sa sortie:

function GetDosOutput(CommandLine: string; Work: string = 'C:\'): string; { Run a DOS program and retrieve its output dynamically while it is running. }
var
SecAtrrs: TSecurityAttributes;
StartupInfo: TStartupInfo;
ProcessInfo: TProcessInformation;
StdOutPipeRead, StdOutPipeWrite: THandle;
WasOK: Boolean;
pCommandLine: array[0..255] of AnsiChar;
BytesRead: Cardinal;
WorkDir: string;
Handle: Boolean;
begin
Result := '';
with SecAtrrs do begin
nLength := SizeOf(SecAtrrs);
bInheritHandle := True;
lpSecurityDescriptor := nil;
end;
CreatePipe(StdOutPipeRead, StdOutPipeWrite, @SecAtrrs, 0);
try
with StartupInfo do
begin
FillChar(StartupInfo, SizeOf(StartupInfo), 0);
cb := SizeOf(StartupInfo);
dwFlags := STARTF_USESHOWWINDOW or STARTF_USESTDHANDLES;
wShowWindow := SW_HIDE;
hStdInput := GetStdHandle(STD_INPUT_HANDLE); // don't redirect stdin
hStdOutput := StdOutPipeWrite;
hStdError := StdOutPipeWrite;
end;
WorkDir := Work;
Handle := CreateProcess(nil, PChar('cmd.exe /C ' + CommandLine),
nil, nil, True, 0, nil,
PChar(WorkDir), StartupInfo, ProcessInfo);
CloseHandle(StdOutPipeWrite);
if Handle then
try
repeat
WasOK := windows.ReadFile(StdOutPipeRead, pCommandLine, 255, BytesRead, nil);
if BytesRead > 0 then
begin
pCommandLine[BytesRead] := #0;
Result := Result + pCommandLine;
end;
until not WasOK or (BytesRead = 0);
WaitForSingleObject(ProcessInfo.hProcess, INFINITE);
finally
CloseHandle(ProcessInfo.hThread);
CloseHandle(ProcessInfo.hProcess);
end;
finally
CloseHandle(StdOutPipeRead);
end;
end;

variante 2:

 

 

Capture sortie console en [temps réel] et comment il dans un TMemo:

procedure CaptureConsoleOutput(const ACommand, AParameters: String; AMemo: TMemo);
const
CReadBuffer = 2400;
var

saSecurity: TSecurityAttributes;
hRead: THandle;
hWrite: THandle;
suiStartup: TStartupInfo;
piProcess: TProcessInformation;
pBuffer: array[0..CReadBuffer] of AnsiChar; <----- update
dRead: DWord;
dRunning: DWord;
begin
saSecurity.nLength := SizeOf(TSecurityAttributes);
saSecurity.bInheritHandle := True;
saSecurity.lpSecurityDescriptor := nil;

if CreatePipe(hRead, hWrite, @saSecurity, 0) then
begin
FillChar(suiStartup, SizeOf(TStartupInfo), #0);
suiStartup.cb := SizeOf(TStartupInfo);
suiStartup.hStdInput := hRead;
suiStartup.hStdOutput := hWrite;
suiStartup.hStdError := hWrite;
suiStartup.dwFlags := STARTF_USESTDHANDLES or STARTF_USESHOWWINDOW;
suiStartup.wShowWindow := SW_HIDE;

if CreateProcess(nil, PChar(ACommand + ' ' + AParameters), @saSecurity,
@saSecurity, True, NORMAL_PRIORITY_CLASS, nil, nil, suiStartup, piProcess)
then
begin
repeat
dRunning := WaitForSingleObject(piProcess.hProcess, 100);
Application.ProcessMessages();
repeat
dRead := 0;
ReadFile(hRead, pBuffer[0], CReadBuffer, dRead, nil);
pBuffer[dRead] := #0;

OemToAnsi(pBuffer, pBuffer);
AMemo.Lines.Add(String(pBuffer));
until (dRead < CReadBuffer);
until (dRunning <> WAIT_TIMEOUT);
CloseHandle(piProcess.hProcess);
CloseHandle(piProcess.hThread);
end;

CloseHandle(hRead);
CloseHandle(hWrite);
end;
end;

Source: delphi.wikia.com

 

Posté par Luc Fricot à 16:54 - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 septembre 2020

Expressions régulières (Regex) EN VRAC

 

 


 

Il y a plusieurs façons d'utiliser les expressions régulières avec Delphi.

Si vous possédez Delphi XE ou une version postérieure, le plus simple est d'utiliser l'unité System.RegularExpressions.

Si vous possédez une version antérieure à Delphi XE, plusieurs possibilités s'offrent à vous. Le choix peut-être le plus recommandable est d'utiliser la classe TPerlRegEx de l'unité PerlRegEx. L'avantage de cette unité est d'être identique à l'unité System.RegularExpressionsCore livrée avec les versions récentes de Delphi (à partir de Delphi XE). Votre code sera donc réutilisable en cas de migration vers une version plus récente.

Une autre possibilité est d'utiliser la classe TRegExpr de l'unité RegExpr. L'avantage de cette unité est d'être identique à l'unité du même nom livrée avec Free Pascal. Toutefois cette unité n'est pas compatible avec les versions récentes de Delphi.

Une autre possibilité encore est d'utiliser la classe IRegex de l'unité PCRE. Il s'agit d'une unité pour Delphi 7, qui peut également être compilée avec Free Pascal.

Une autre possibilité enfin est d'utiliser la classe TFLRE de l'unité FLRE. L'avantage de cette bibliothèque est, outre sa rapidité, le fait qu'elle soit compatible aussi bien avec Delphi ancienne et nouvelle génération qu'avec Free Pascal.

Mis à jour le 9


https://moncoachdata.com/blog/tuto-regex/

Tuto regex : extraire des informations d'un texte

Les expressions régulières (regex ou regexp) sont extrêmement utiles pour extraire des informations d’un texte en recherchant une ou plusieurs correspondances à l’aide d’un modèle de recherche spécifique (c’est-à-dire une séquence spécifique de caractères ASCII ou Unicode). Voici un rapide tuto regex pour avoir une vision d’ensemble de ce domaine.

Les domaines d’application vont de la validation à l’analyse/remplacement de chaînes de caractères, en passant par la transposition de données vers d’autres formats mais aussi le web scraping (lire l’article).

L’une des fonctionnalités les plus intéressantes c’est qu’une fois que vous avez appris la syntaxe, vous pouvez l’utiliser dans (presque) tous les langages de programmation (JavaScript, Java, VB, C #, C / C ++, Python, Perl, Ruby). , Delphi, R, Tcl et bien d’autres) avec quelques légères distinctions pour les fonctionnalités les plus avancées et les versions de syntaxe prises en charge par les moteurs.

Commençons par regarder quelques exemples et explications.

Tuto regex : Les bases

Les ancres  ^ et $

  • ^Alors correspond à toute chaîne de caractères qui commence par “Alors” -
  • fin$ correspond à toute chaîne de caractères qui se termine par “fin
  • ^la fin$ correspond exactement à la chaîne de caractères “la fin
  • on correspond à toute chaîne de caractères qui a “on” à l’intérieur

Les quantificateurs  *, +, ? et {}

  • abc* correspond à une chaîne de caractères qui possède “ab” suivi de zéro ou plusieurs “c” -
  • abc+ correspond à une chaîne de caractères qui possède “ab” suivi d’un ou plusieurs “c
  • abc? correspond à une chaîne de caractères qui possède “ab” suivi de zéro ou un “c
  • abc{2} correspond à une chaîne de caractères qui possède “ab” suivi de 2 “c
  • abc{2,} correspond à une chaîne de caractères qui possède “ab” suivi de 2 (ou plus) “c
  • abc{2,5} correspond à une chaîne de caractères qui possède “ab” suivi de 2 à 5 “c
  • a(bc)* correspond à une chaîne de caractères qui possède un “a” suivi de zéro ou plusieurs séquences “bc
  • a(bc){2,5} correspond à une chaîne de caractères qui possède un “a” suivi de 2 à 5 copies de la séquence “bc

L’opérateur OU : | ou []

  • a(b|c) correspond à une chaîne de caractères qui possède un “a” suivi de “b” ou “c
  • a[bc] exactement même résultat, toutes les lettres entre crochet sont une alternative, retourne donc les chaînes de caractères correspondant à “ab” ou “ac

Les classes de caractère: \d, \w, \s et .

  • \d correspond à un seul caractère qui est un chiffre -
  • \w correspond à un caractère de mot (comprend lettres, chiffres et underscore)
  • \s correspond à un caractère d’espace (comprend les tabulations et les sauts de ligne)
  • . correspond à n’importe quel caractère -

Utilisez l’opérateur . avec précaution car souvent la classe de caractères ou la classe de caractères inversée (traitée ci-dessous) sont plus rapides et plus précises.

\d, \w et \s présentent également leurs négations avec \D, \W et \S respectivement.

Par exemple, \D effectuera la correspondance inverse par rapport à celle obtenue avec \d.

  • \D correspond à un seul caractère non numérique -

Pour être pris littéralement, vous devez annuler l’effet des caractères ^. [$ () | * +? {\ avec une barre oblique inversée \ car ces éléments ont une signification particulière (contrairement à d, w et s).

  • \$\d correspond à une chaîne qui a un $ avant un chiffre -

Notez que vous pouvez également faire correspondre des caractères non affichables tels que les tabulations \t, les nouvelles lignes \n et les retours chariot \r.

Les indicateurs

Afin d’apprendre à construire un regex efficacement, on ne peut oublier un concept fondamental: les indicateurs.

Une expression rationnelle vient généralement avec cette forme /abc/, où le motif de recherche est délimité par deux barres obliques /. A la fin, nous pouvons spécifier un indicateur avec ces valeurs (nous pouvons également les combiner):

  • g (global) permet de ne pas revenir après la première correspondance trouvée, cela relance les recherches suivantes à partir de la fin du match précédent
  • m (multi line): lorsqu’il est activé ^ et $ correspondront au début et à la fin d’une ligne, au lieu de la chaîne de caractères entière
  • i (insensitive) rend l’expression entière insensible à la case (par exemple, /aBc/i correspondrait à AbC)

Tuto regex : Niveau intermédiaire

Regroupement et capture: ()

  • a(bc) crée un groupe de capture avec la valeur bc -
  • a(?:bc)* en utilisant ?: nous désactivons le groupe de capture -
  • a(?<foo>bc) en utilisant ?<foo> nous donnons un nom au groupe

Cet opérateur est très utile lorsque nous devons extraire des informations de chaînes de caractères ou de données en utilisant votre langage de programmation préféré. Toutes les occurrences multiples capturées par plusieurs groupes seront exposées sous la forme d’un tableau classique: nous accéderons à leurs valeurs en spécifiant à l’aide d’un index sur le résultat de la correspondance.

Si nous choisissons de nommer les groupes (avec (?<Foo>…)), nous pourrons récupérer les valeurs du groupe en utilisant le résultat de la correspondance, comme un dictionnaire où les clés seront le nom de chaque groupe.

Expressions entre crochets : []

  • [abc] correspond à une chaîne de caractères qui a un a ou un b ou un c (est identique à a|b|c) -
  • [a-c] exactement la même chose, littéralement tout caractère de a à c.
  • [a-fA-F0-9] une chaîne de caractères représentant un seul caractère d’un chiffre hexadécimal, sans distinction de case -
  • [0-9]% une chaîne de caractères qui a un chiffre de 0 à 9 avant le signe %
  • [^a-zA-Z] une chaîne de caractères qui ne contient aucune lettre de a à z ou de A à Z. Dans ce cas, le ^ est utilisé comme négation de l’expression -

Rappelez-vous que dans les expressions entre crochets, tous les caractères spéciaux (y compris la barre oblique inverse \) perdent leurs pouvoirs spéciaux: nous n’appliquerons donc pas la règle d’annulation.

Correspondance généreuse vs. plus sélect

Les quantificateurs (* + {}) sont des opérateurs généreux. Ils étendent la correspondance aussi loin que possible à travers le texte fourni.

Par exemple, <.+> correspond à <div>simple div</div> dans Ceci est un test d’un <div>simple div</div>. Afin d’attraper uniquement la balise div, nous pouvons utiliser un ? pour le rendre plus sélect:
<.+?> correspond à tout caractère une ou plusieurs fois inclus entre < et > -

Notez qu’une meilleure solution devrait éviter l’utilisation de . en faveur d’un regex plus strict:
<[^<>]+> correspond à n’importe quel caractère sauf < ou > une ou plusieurs fois inclus entre < et >

Tuto regex : Niveau avancé

Limites : \b et \B

  • \babc\b effectue une recherche “mots entiers uniquement” -

\b représente une ancre lambda (il est similaire à $ et ^) des positions correspondantes où un côté est un caractère de mot (comme \w) et l’autre côté n’est pas un caractère de mot (par exemple, il peut s’agir du début de la chaîne de caractères ou un espace).

Il vient avec sa négation \B. Cela correspond à toutes les positions où \b ne correspond pas. Cela peut être le cas si nous voulons trouver un modèle de recherche entièrement entouré de caractères.

  • \Babc\B ne correspond que si le motif est entièrement entouré de caractères -

Références arrières : \1

  • ([abc])\1 en utilisant \1, il correspond au même texte que le premier groupe de capture -
  • ([abc])([de])\2\1 nous pouvons utiliser \2 (\3, \4, etc.) pour identifier le même texte correspondant au deuxième (troisième, quatrième, etc.) groupe de capture. -
  • (?<foo>[abc])\k<foo> nous donnons le nom foo au groupe et nous le référençons plus tard (\k<foo>). Le résultat est le même que celui du premier regex -

Observation avant et après : (?=) Et (?<=)

  • d(?=r) ne correspond à d que si l’est suivi de r, mais r ne fera pas partie du résultat -
  • (?<=r)d ne correspond à d que s’il est précédé d’un r, mais r ne fera pas partie du résultat

Vous pouvez également utiliser l’opérateur de négation!

  • d(?!r) ne correspond à d que s’il n’est pas suivi de r, mais r ne fera pas partie du résultat -
  • (?<!r)d ne correspond à d que s’il n’est pas précédé d’un r, mais r ne fera pas partie du résultat -

 


regular-expressions.info

Regular Expressions Quick Start

Jan Goyvaerts

On this site, you can find everything you need to know about regular expressions:

 


 

http://edutechwiki.unige.ch/fr/Expression_r%C3%A9guli%C3%A8re

Expression régulière

1 Définition

Les expressions régulières (abrégé expreg) aussi appelées expressions rationnelles, en anglais regular expressions (abrégé regexp), sont une écriture compacte pour représenter un ensemble (peut-être infini) de séquences de caractères semblables. Elles rappellent et étendent la notion de "Joker" ou "Wild-card" qu'on trouve dans MS-DOS (e.g. DIR *.EXE ), comme d'ailleurs dans les "shells" UNIX (sous le nom de "globbing"), ou encore Authorware.

Les expressions régulières sont une chaîne de caractères permettant de décrire un ensemble variable par l'utilisation d'une syntaxe précise, qui se retrouvent dans une foule de langages et d'outils. Pour le détail, veuillez consulter la documentation des expressions régulières. Elles diffèrent d'un environnement à l'autre par quelques détails, avec un noyau commun. Cependant, la maîtrise de cette syntaxe permet une manipulation de textes dans la majeure partie des langages de programmation.

1.1 Résumé des conventions "universelles" pour les expressions régulières

  • ^ représente le début (d'une ligne, d'une chaîne de caractères)
  • $ représente la fin (d'une ligne, d'une chaîne de caractères)
  • . représente n'importe quel caractère
  • * représente 0 ou plus occurrences d'un élément. Donc e* représente soit "" ou "e" ou "ee" ou "eee"
  • + représente 1 ou plus occurrences de e. Donc e+ représente soit "e","ee","eee", etc
  • ? représente 0 ou 1 occurrences, comme s? dans villes? qui représente l'ensemble { "ville" , "villes" }
  • | représente un choix entre chaînes de caractères, comme la|le qui représente l'ensemble { "la" , "le" }
  • ( ) groupage d'expressions, qui permet par ex. d'écrire (e|f)g au lieu de eg|fg. Le groupage est aussi utile pour faire des substitutions (voir plus bas).
  • [xyz] classes de caractères - un de caractères dans la liste doit être dans la cible représentée, [A-Za-z] représente toutes les lettres.

Cette dizaine de symboles et de constructions constituent un noyau commun à presque tous les modules d'expressions régulières.

1.2 Conventions "universelles" pour les expressions régulières de type "Perl"

(Ne correspond pas à la norme POSIX. Voir aussi la notice sur la syntaxe de citation ci-dessus ! (Par exemple dans Javascript utilisez '\\w' à la place de '\w').

  • \w représente tout caractère alphanumérique (donc qui peut faire partie d'un mot au sens formel, c.a.d. lettres et chiffres).
  • \W représente tout caractère non alphanumérique (donc qui ne peut pas faire partie d'un mot au sens formel, c.a.d. ponctuations, espaces, etc.)
  • Voir les manuels pour le reste.

1.3 Une complication, la syntaxe de citation

Comment écrire des expressions régulières qui reconnaissent les signes spéciaux ci-dessus dans une chaîne de caractères ? Comme ils ont un sens spécial, ils ne peuvent se représenter eux-mêmes sans autre (ce qui est le sens normal des autres caractères). Afin de permettre de distinguer deux cas d'usage de ces caractères-là, on utilise un caractère d'échappement de code - mais sur ce point les environnements diffèrent entre eux.

  • D'une part le caractère d'échappement varie, c'est \ dans le cas d'emacs, de PhP et de Perl, \\ dans JavaScript et % dans le cas du MOO.

(N.B. Les "regexps" d'emacs/PhP et du MOO ne diffèrent que par ce caractère d'échappement)

  • D'autre part le choix sens normal/sens spécial en fonction de la présence ou de l'absence du caractère d'échappement varie. Dans le cas d'emacs et du MOO, les caractères: (, |, ) ont leur sens spécial lorsqu'ils sont précédés du caractère d'échappement, et leur sens normal autrement. Dans le cas de Perl et de JavaScript, c'est le contraire ! Notez également qu'il faut utiliser \\ dans JavaScript !
  • Enfin, certains langages (Python) permettent de stipuler quelle convention de citation on utilise.

Les séquences d’échappement suivantes sont ainsi supportées : (wikipedia)

Séquence POSIXDescription
\b retour arrière (correction).
\t tabulation horizontale.
\n saut de ligne.
\v tabulation verticale.
\f saut de page.
\r retour chariot.

2 Comment accéder aux expressions régulières

2.1 Dans Emacs, à titre d'exemple:

La recherche incrémentale par exemple avec le raccourci-clavier :C-M-s, 
le remplacement incrémental avec le raccourci-clavier :C-M-%,
Chercher des lignes qui contiennent la méme regexp: voir le menu.

Il est utile d'utiliser Xemacs pour tester vos expressions faites en PHP, JS etc. Faites attention à la syntaxe de citation qui n'est pas forcément la même. Par exemple pour chercher à la fois "is" et "in" il faut utiliser i\(s\|n\).

2.2 En JavaScript 1.2 et plus

Avec les méthodes match, replace, search de string. Voir:

Pour utiliser une regexp dans JavaScript il faut d'abord la placer entre deux / / suivi de "modifieurs" Dans l'exemple ci-dessous gi veut dire d'ignorer la casse et chercher toutes les occurences dans le string: (g=global pattern matching) et (i=case-insentitive pattern matching). En ce qui concerne l'expression régulière entre les deux / /, ^[A-Z{1,} signifie qu'au début de notre suite de caractères (indiqué par ^) on cherche un nombre qui va de 1 à indéfini {1,} de lettres majuscules [A-Z]. Ensuite on définit qu'on veut un tiret \- (ici on a échappé le tiret avec un backslash), puis on s'attend à une suite de 4 ou plus {4,} chiffres [0-9]; le $ de fin nous dit qu'on ne veut aucun autre caractère après les chiffres.

var code_postal_ch = /^[A-Z]{1,}\-[0-9]{4,}$/gi;
var input_string1 = "CH-1227";
var input_string2 = "CH-12273";

Pour tester avec la méthode test d'un objet regexp

if (code_postal_ch.test(input_string1)) alert ("wow");

Pour tester avec la méthode match de l'objet string:

if (input_string1.match(code_postal_ch)) alert ("wow");

2.3 Dans PHP

Voir le chapitre "Regular Expression Functions" et surtout les fonctions eregi(pattern, string) et ereg(pattern, string)

eregi ("(ozilla.[23]|MSIE.3)", $HTTP_USER_AGENT);
/* Returns true if client browser
is Netscape 2, 3 or MSIE 3. */

2.4 Dans le MOO

Avec le verbe match()

2.5 Dans R

La fonction grep() permet de rechercher les éléments d’une liste qui présentent un pattern donné. Ainsi, pour rechercher dans une chaîne de caractères des expressions régulières avec la fonction grep, il faut fixer l’attribut « fixed » à la valeur FALSE. Exemples :

 Texte1 <- c("argue", "sténo", "huons", "remet", "ponce", "mites", "ligie", "vitre", "fluée", "floué", "ahana", "fonte", "boche", "tinté", "frime", "tente", "cédez")
grep(pattern = "^a", Texte1, value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui commencent par la lettre « a »
grep(pattern = "e$", Texte1, value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui se terminent par la lettre « e »
grep(pattern = "te", Texte1, value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence « te »
grep(pattern = "n.e", Texte1, value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence « n.e »
grep(pattern = "na|ce" , Texte1 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence « na » ou la séquence « ce »
grep(pattern = "n.e|c.e" , Texte1 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence « n.e » ou la séquence « c.e »
grep(pattern = "[cdt]e" , Texte1 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence « ce » ou « de » ou « te »
grep(pattern = "[^cdt]e" , Texte1 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la lettre « e » et qui ne présentent pas les séquences « ce », « de » et « te »
Texte2 <- c("ab","abc", "ababc", "ababab", "abababc" ,"bab","cbabab","abba","abbc","ca","abaabc", "ababbc", "acac")
grep(pattern = "ab*c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots "abc" "ababc" "abababc" "abbc" "abaabc" "ababbc" "acac"
grep(pattern = "ab+c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots "abc" "ababc" "abababc" "abbc" "abaabc" "ababbc"
grep(pattern = "ab?c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne "abc" "ababc" "abababc" "abaabc" "acac"
grep(pattern = "ab{2}c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence : abbc, donc: "abbc" "ababbc"
grep(pattern = "(ab)*c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne "abc" "ababc" "abababc" "cbabab" "abbc" "ca" "abaabc" "ababbc" "acac"
grep(pattern = "(ab)+c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence : (ab)+ c
grep(pattern = "(ab)?c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence : (ab)? c
grep(pattern = "(ab){2}c" , Texte2 , value = TRUE, fixed=FALSE) # Donne les mots qui contiennent la séquence : ababc

2.6 Avec les outils Unix grep et egrep

Grep et egrep sont des outils UNIX très utiles, qui permettent de retrouver des fichiers et des lignes de texte dans des fichiers contenant un "pattern". Un usage typique sera

 egrep -i -l 'd\.?k\.?s\.?|schneider' /www/*.html

Qui va afficher les noms des fichiers *.html du répertoire /www/ contenant soit les initiales "D.K.S." soit le string "schneider".

Même chose, mais en cherchant dans des sous-répertoires (ATTENTION: ce type de commande est gourmande en ressources CPU). Le résultat de la recherche est mis dans le fichier "t".

find . -name "*.html" -exec grep -il 'd\.?k\.?s\.?|schneider' {} >> t \;
Quelques explications en plus
  • le -i indique que la recherche ne doit pas tenir compte des majuscules/minuscules
  • le -l indique qu'on ne veut que les noms de fichiers, sinon on a aussi toutes les lignes correspondantes (essayez)
  • le *.html est un cas de "filename globbing" et pas une expression régulière
  • l'expression régulière étant tapée dans le contexte du shell UNIX, il faut se méfier du fait que le shell lui-même interprète divers caractères spéciaux à sa manière. Afin d'éviter tout problème, on entoure l'expression d'apostrophes.
  • Sans les apostrophes, le shell interpréterait à sa façon les caractères \ | et ? avec des résultats (presque) imprévisibles

3 Remplacement avec des expressions régulières

En dehors des recherches, les expressions régulières sont beaucoup employées pour modifier du texte de manière systématique dans un fichier. On peut se référer à des expressions groupées (...)trouvées dans un input avec une syntaxe spéciale. (Voir ci-dessus)

3.1 Dans des éditeurs

Dans Emacs:

M-x Replace query-replace-regexp <\(/?\)b> RET <\1em> RET remplacera tous les <b> par des <em> et les </b> par des </em>, en demandant une confirmation pour chaque apparition.

  • les signes \( \) ? et \1 font partie de la syntaxe regexp d'emacs, les signes < > et / appartiennent à HTML
  • le signe \1 signifie "le contenu de ce qui a été reconnu dans la 1ère paire de \( \), on peut de même employer \2, \3 etc pour faire référence à la seconde, troisième paire, etc
  • ici ce contenu sera un / facultatif, selon qu'on remplace un tag <b> ou </b>;

Dans Notepad++:

Cochez "Regular expression" dans les popups pour les fonctions de recherche/remplacement.

Dans PSPad:

Chochez "expressions régulières" dans les popups pour les fonctions de recherche/remplacement

  • Voir le help (Regular expressions)

3.2 Avec PhP

$string = ereg_replace ("$", "<BR>", $string);
/* Mettre un <BR> tag à la fin de $string. */
$string = ereg_replace ("\n", "", $string);
/* Tuer les caractères newline dans $string. */

3.3 Avec JavaScript

  • Pour se référer à une expression il faut utiliser $n, par exemple $1 ou $2 ci-dessous.
 input = "surf is green";
pattern = "/(\\w*) is (.*)/ig";
replyPattern = "What is so $2 about $1?";
result = input.replace(pattern, replyPattern);
Ca donne result = What is so green about surf?

3.4 Avec Perl

Perl est un langage de programmation complet, mais il admet des options d'invocations qui permettent d'accéder directement à son composant d'expressions régulières particulièrement puissant.

perl -pi.bak -e 's:<(/?)b>:<\\1em>:' mon_fichier.html

est l'équivalent de la commande emacs ci-dessus

  • Malgré les apostrophes, le shell unix interprète les \ comme un caractère d'échappement, c'est pourquoi il faut écrire \\1 pour que perl obtienne \1
  • -p signifie de recopier chaque ligne du fichier de l'entrée vers la sortie
  • -i.bak signifie de mettre le résultat à la place du fichier original, et garder l'original en ajoutant .bak à son nom** -e 'instructions' signifie d'effectuer les instructions sur chaque ligne du fichier en cours de copie
  • L'instruction de substitution a la forme s:expression:substitution:
  • On peut remplacer les : par un autre caractère; le / est traditionellement utilisé, mais dans le cas présent / intervient dans le texte à remplacer.
  • On peut mettre plusieurs instructions Perl entre les apostrophes, séparées par des ;

4 Modification de l'ordre dans une chaîne d'entrée dans JavaScript

L'exemple suivant illustre la formation d'expressions régulières et l'utilisation de string.split () et String.Replace () . Il nettoie une chaîne d'entrée plus ou moins formaté contenant les noms (prénom) séparés par des espaces, les tabulations et exactement une virgule. Enfin, il inverse l'ordre des noms (nom de famille en premier) et trie la liste. Le code n'a pas été testé. Se référer à l'original

/
// et peuvent avoir de multiples espaces entre les noms et prénoms.
var nom = "Harry Trump, Fred Barney, Helen Rigby, Bill Abel; Chris Hand" ;
var sortie = [ "---------- chaîne originale \n" , nom + "\n" ] ;
// Préparer deux modèles d'expressions régulières et de stockage de tableau.
// Diviser la chaîne en éléments de tableau.
// Motif: possible l'espace blanc puis virgule puis de l'espace blanc possible
var motif = /\s*;\s*/;
// Pause de la chaîne en morceaux séparés par le schéma ci-dessus et
// Stocker les morceaux dans un tableau appelé nameList
var nameList = noms.split ( motif ) ;
// Nouveau modèle: un ou plusieurs caractères, puis des espaces, les caractères.
// Utilisez les parenthèses pour "mémoriser" des parties du modèle.
// Les parties mémorisées sont appelées plus tard.
motif = /(\w+)\s+(\w+)/;
// Nouvelle gamme pour la tenue de noms en cours de traitement.
var bySurnameList = [ ] ;
// Affichage du tableau de nom et remplir le nouveau tableau
// Avec les noms séparés par des virgules, dernier premier.
//
// La méthode replace enlève rien correspondant au modèle
// et la remplace par la chaîne-deuxième partie mémorisée mémorisé
// suivi de l'espace virgule suivie première partie mémorisée.
// Les variables $1 et $2 se réfèrent à des parties
// mémorise tout en faisant correspondre le motif.
sortie.push ( "---------- après division par expression régulière" ) ;
var i, len;
for (i = 0, len = nameList.length; i < len; i++){
sortie.push(nameList[i]);
bySurnameList[i] = nameList[i].replace(pattern, "$2, $1");
}
// Affichage de la nouvelle gamme.
sortie.push ( "---------- noms inversé" ) ;
for (i = 0, len = bySurnameList.length; i < len; i++){
sortie.push(bySurnameList[i]);
}
}
// Tri par nom, puis afficher le tableau trié.
bySurnameList.sort ( ) ;
sortie.push ( "---------- Classé" ) ;
for (i = 0, len = bySurnameList.length; i < len; i++){
sortie.push(bySurnameList[i]);
sortie.push ( "---------- End" ) ;
console.log ( sortie.join ( "\n" ) ) ;

Travailler avec les expressions régulières :

5 Aide mémoire

Métacaractères

caractèresignification
^ début de la chaîne
$ fin de la chaîne
. n'importe quel caractère sauf retour à la ligne
* matche 0 ou plusieurs fois
+ matche au moins 1 fois
? matche 0 ou 1 fois
  alternative
() groupement; mémorisation
[] jeu de caractères
{} répétition

 

  • [1] (Travailler avec les expressions régulières)

Répétition

caractèresignification
a* zéro ou plusieurs a
a+ un ou plusieurs a
a? zéro ou un a
a{m} exactement m a
a{m,} au moins m a
a{m,n } au minimum m a et au maximum n a

6 Les expressions régulières ont une puissance limitée

(un peu de philosophie ....)

Il y a une foule de modèles d'ordinateurs et de langages de programmation. Néanmoins, d'un point de vue théorique (c'est-à dire en ignorant les questions de performance et de limitation de mémoire) toutes ces machines (et langages) sont équivalentes, en ce sens qu'il est en principe possible de simuler chaque machine ou langage au moyen d'un programme (dit émulateur ou interpréteur) tournant sur une autre machine/langage. Ce fait est bien illustré, d'ailleurs, par les divers émulateurs Windows tournant sur Sun ou Mac.

De manière générale, les langages de programmation appartiennent à cette classe, dite de "la machine universelle". Les expressions régulières sont le cas d'exception d'un modèle de machine formellemoins puissant que la machine universelle mais néanmoins très utile et employé. Mais le plus souvent comme un "sous-langage", compartiment d'un langage plus puissant.

Un exemple de tâche simple mais hors de portée du langage des expressions régulières : vérifier que les paires de parenthèses correspondent.

(.*) va admettre 1) "(x)" et 2) "(x))

([^)]*) élimine 2) mais admet 3) "((x)"

([^()]*) reconnaît correctement une paire de parenthèses mais n'autorise pas 4: "((x))"

En fait, il est possible d'écrire des expressions régulières qui vont reconnaître les chaînes de caractères ayant un nombre maximum prédéterminé de parenthèses imbriquées. Ecrivez-en une qui reconnaît deux niveaux de parenthèses.

7 Liens

7.1 Survols

7.2 Manuels etc. par langage

Éditeur Emacs
  • Regular Expression Search (copie d'une page info de Emacs)
  • Une aide complète sur (X)Emacs est disponible dans "Help->Info" (d'où ce texte a été tiré).
Éditeur Notepad++
PHP
JavaScript
MOOs
Perl
Python
Outils Unix

7.3 Résumés (Cheatsheets)

7.4 Outils en ligne

7.5 Tutoriels

Génériques
JavaScript (f)
JavaScript (en)
Chatterbot MOO / Javascript

Quelques exemples d'implantation de robots de conversation dans les bibliothèques européennes :

PHP
  • expreg.com Les expressions régulières en PHP. C'est carrément un portail dédié à cela ....

7.6 Exemples

 


 

 

 

http://astuces.jeanviet.info/bureautique/rechercher-et-remplacer-du-texte-avec-notepad-et-quelques-regex.htm

Voki quelques exemples de ce que peuvent faire les regex :

  • Trouver dans un texte toutes les phrases qui commencent par "il était une foie" et remplacer le texte par "Il était une fois" (^il était une foie)
  • Chaque fois qu’un texte se termine par un point, on peut forcer un retour à la ligne (.$)
  • Trouver dans un texte tous les mots qui contiennent 2 o consécutifs (.*oo.*)

Les Principales Regex  à utiliser avec notepad

regexeffetexemple
. pour remplacer un caractère ex: "jeanvie." va trouver "jeanviet" et "jeanvier"
[…] pour indiquer un ensemble de caractère ex: "[éèêë]" pour trouver un accent
[^…] pour indiquer des caractères complémentaires ex: "[^0-9]" pour trouver tout ce qui est différent d’un chiffre
^ pour indiquer que le caractère doit être au début d’une ligne ex: "^jeanviet" pour trouver toutes les lignes qui commencent par jeanviet
$ pour indiquer que le caractère doit être en fin de ligne ex: "jeanviet$" pour trouver toutes les lignes qui se terminent par jeanviet
.* n’importe quel nombre de caractère entre deux caractères ex:"j.*t" trouvera jeanviet, jet, jouet

Conserver le texte d’une regex

Soit ces 4 lignes de texte :

  • mois : janviet 2010
  • mois : février 2010
  • mois : mars 2010
  • mois : avril 2010

Je ne veux garder que le mois, c’est à dire jeanviet, février, mars, avril. On va donc supprimer tout ce qui se trouve avant les " : " et l’année " 2010" et conserver le mois entre les deux.

Voici la manip sous notepad :

Conserver une regex


 

http://www.expreg.com/symbole.php

Les Symboles dans les Expressions Régulières



Nous allons dans cette partie vous donner et vous expliquer les différents symboles utilisés dans les expressions régulières.

Une des premières choses à réaliser dans la conception d'une expression régulière, c'est de définir le motif (pattern en anglais)

Pour construire ces motifs, vous avez besoin de créer une structure formée de caractères littéraux, puis de symboles qui sont définis en tant que métacaractères et délimiteurs et qui seront utilisés séparément ou en combinaison à l'intérieur d'un même groupement ou d'une classe.

Oups, me direz-vous... je suis déjà largué là !
Aucune inquiétude, on va développer le sujet.

1) Les caractères littéraux : On appelle littéral une valeur qui est écrite exactement comme elle est interprétée.
Exemple :

Littéraux Signification

a correspond à la lettre "a" et rien d'autre
chat correspond au mot "chat" et rien d'autre
toto correspond au mot "toto" et rien d'autre



Vous constatez que les littéraux permettent une identification exacte et précise du motif recherché. L'intérêt des expressions régulières ne serait pas bien grand si elles étaient limitées à cette seule possibilité. De plus, pour une recherche simplifiée, une fonction comme strpos() le fera bien plus rapidement qu'un simple preg_match(). Il existe heureusement des symboles spécifiques qui ont un sens plus général et que nous présentons dans la suite de ce cours.

2) Les symboles de début et fin de chaîne et le point .

L'accent circonflexe ^ et le symbole dollar $ et enfin le point .

Symbole Description

^ Indique le début de la chaîne - exemple ^chat
reconnaît une ligne qui commence par chat
$ Indique la fin de la chaîne - exemple : chat$
reconnaît une ligne qui finit par chat
. Le point indique n'importe quel caractère


Ces symboles sont des métacaractères : >>> cf -> Qu'est ce qu'un métacaractère ?

3) Les symboles quantificateurs

Ils sont au nombre de trois :
le point d'interrogation (?), l'étoile (*) et le plus (+)

Symbole Description

* Indique 0, 1 ou plusieurs occurrences du caractère ou de la classe précédente
+ Indique une ou plusieurs occurrences du caractère ou de la classe précédente
? Indique 0 ou une occurrence du caractère ou de la classe précédente


Ces symboles sont des métacaractères : >>> cf -> Qu'est ce qu'un métacaractère ?

Bof... oui... mais encore ?
On va travailler avec des exemples, c'est le but du jeu et, selon l'adage, un petit dessin vont mieux qu'un long discours.

Exemple :
a* correspond à aucune ou plusieurs occurrences de la lettre (a)
soit pas de a, ou a, aa, aaa, aaaa, etc...
a+ correspond à une ou plusieurs occurrences de la lettre (a)
soit au moins un a ou aa, aaa, aaaa, etc...
a? correspond à 0 ou une seule occurrence de la lettre (a)
soit a ou pas de a

4) Les intervalles de reconnaissance

Ce sont les accolades { }

Exemple Signification

a{3} correspond exactement à aaa
a{2,} correspond à un minimum de deux a consécutifs
soit aa, aaa, aaaaa....
a{2,4} correspond uniquement à aa, aaa, aaaa


Ces symboles sont des métacaractères : >>> cf -> Qu'est ce qu'un métacaractère ?

5) Les classes de caractères

Délimitées grâce aux crochets [ ]

Exemple Signification

[..-..] Le tiret représente l'intervalle à l'intérieur de la classe
Il s'agit d'un métacaractère s'il est placé dans cette position. Pour permettre sa lecture en tant que caractère "tiret" il convient de le placer en début de la classe comme ceci [-....]
br[iu]n ce qui signifie, trouver br suivi de i ou de u suivi de n comme brun ou brin
  exemple de recherche sur une balise de titre <h1> <h2> <h3>,

 etc...


Ces symboles sont des métacaractères : >>> cf -> Qu'est ce qu'un métacaractère ?

6) Les classes pré-définies

Classe Signification

[[:alpha:]] n'importe quelle lettre
[[:digit:]] n'importe quel chiffre
[[:xdigit:]] caractères héxadécimaux
[[:alnum:]] n'importe quelle lettre ou chiffre
[[:space:]] n'importe quel espace blanc
[[:punct:]] n'importe quel signe de ponctuation
[[:lower:]] n'importe quelle lettre en minuscule
[[:upper:]] n'importe quelle lettre capitale
[[:blank:]] espace ou tabulation
[[:graph:]] caractères affichables et imprimables
[[:cntrl:]] caractères d'échappement
[[:print:]] caractères imprimables exceptés ceux de contrôle

 

7) L'alternative, l'intervalle et la classe complémentée

Réalisé avec la barre | et le tiret - et l'accent circonflexe ^ à l'intérieur des crochets [ ]
La barre verticale | peut également être positionnée entre des parenthèses dans la recherche du motif (voir * dans le tableau exemple)
Exemple :

Exemple Signification

\<h[1-6]\> intervalle de recherche de 1 à 6 - affichera les balises de titre <h1> <h2> etc...

 

[0-9] tous les chiffres de 0 à 9, etc...

p(ai|i)n la barre verticale détermine une alternative
ce qui signifie tout ce qui s'écrit pain ou pin
L'alternative dans le motif lui-même
^(De|A):@ détermine une alternative dans le motif
ce qui signifie tout ce qui commence par De:@ ou A:@

La classe complémentée
[^1] classe complémentée ce qui signifie reconnaître tout sauf ce qui est énuméré, ici, tout sauf le chiffre 1
[^1-6] classe complémentée ce qui signifie reconnaître tout sauf ce qui est énuméré, ici, tout sauf les chiffres de 1 à 6


Ces symboles sont des métacaractères : >>> cf -> Qu'est ce qu'un métacaractère ?

Tableau récapitulatif

. le point n'importe quel caractère

[...] classe de caractères tous les caractères énumérés dans la classe

[^...] classe complémentée Tous les caractères sauf ceux énumérés

^ circonflexe positionne le début de la chaîne, la ligne...

$ dollar marque la fin d'une chaîne, ligne...

| barre verticale alternative - ou
reconnaît l'un ou l'autre

(...) parenthèse utilisée pour limiter la portée d'un masque ou de l'alternative

* astérisque 0, 1 ou plusieurs occurrences

+ le plus 1 ou plusieurs occurrence

? interrogation 0 ou 1 occurrence

 


 

Posté par Luc Fricot à 17:47 - Permalien [#]
Tags : ,

20 septembre 2020

Expressions régulières (Regex) dans Delphi

Les expressions régulières sont des caractères qui personnalisent une chaîne de recherche. Le produit reconnaît les expressions régulières suivantes :

Caractère    Description

 ^    Un accent circonflexe placé au début d'une chaîne correspond au début d'une ligne.
 $    Le signe dollar placé à la fin de l'expression correspond à la fin d'une ligne.
  .    Un point correspond à n'importe quel caractère.
  *    Un astérisque placé après une chaîne correspond à un nombre quelconque d'occurrences de cette chaîne suivie de n'importe quel caractère (y compris par aucun caractère). Par exemple, bo* permet de trouver bot, bo et boo mais ne trouve pas b.
 +    Un signe plus placé après une chaîne correspond à un nombre quelconque d'occurrences de la chaîne suivie de n'importe quel caractère (la chaîne doit absolument être suivie d'un caractère). Par exemple, bo+ permet de trouver boo, et booo, mais ne trouve pas bo ou be.
[ ]    Les caractères placés entre crochets permettent de trouver l'un des caractères placés entre crochets, mais pas les autres. Par exemple [bot] permet de trouver b, o, ou t.
[^]    Un accent circonflexe placé au début d'une chaîne entre crochets signifie SAUF. Ainsi, [^bot] permet de trouver n'importe quel caractère à l'exception de b,
 o, ou t.
 [-]    Un trait d'unionplacé à l'intérieur des crochets indique une plage de caractères. Par exemple, [b-o] permet de trouver n'importe quel caractère situé entre b et o.
{ }    Les accolades permettent de regrouper des caractères ou des expressions. Les groupes peuvent être imbriqués dans la limite maximale de 10 groupes par modèle. Pour le remplacement, on fait référence aux groupes par une barre oblique inverse et un nombre indiquant position dans l'expression "Chercher", en commençant par 0. Par exemple, étant donné le texte à rechercher et la chaîne de remplacement, Chercher : {[0-9]}{[a-c]*}, Remplacer : NUM\1, la chaîne 3abcabc sera remplacée par NUMabcabc.
  \      Une barre oblique inverse avant un caractère générique indique à l'éditeur de code de traiter ce caractère littéralement et non comme un caractère générique. Par exemple, \^ correspond à ^ et n'indique pas le début d'une ligne.
  |         La barre verticale correspond à OU ex c|ç.


Posté par Luc Fricot à 12:25 - Permalien [#]
Tags : , ,